13 mai 2018 – 7e dimanche de Pâques

« Qu’un autre prenne sa charge »

Voulant remplacer Judas, les Apôtres imposent un certain nombre de critères pour celui qui prendra la charge : il faut que l’homme qui complétera le nombre de douze soit un disciple des premières heures, depuis le baptême par Jean jusqu’à l’Ascension en passant par la Passion. La raison est assez simple, il faut trouver un témoin véridique – identique aux Apôtres – de l’ensemble du ministère de Jésus sur terre

C’est ainsi, qu’après une prière implorant l’intervention divine, les apôtres ont tiré au sort entre Matthias et Barsabbas. Il ne s’agit pas ici d’une simple loterie. Il nous faut comprendre que le tirage au sort était utilisé par le grand-prêtre dans l’Ancien Testament à partir de l’  « Urim » et du « Thummim » (lumières et perfections). Ces deux objets permettaient au grand-prêtre de discerner, par un tirage au sort, la volonté divine dans les cas compliqués concernant la nation. Dans cette désignation de Matthias, c’est Dieu qui a l’initiative et qui appelle les hommes, car « il connait les cœurs ».

Mais à la mort des Apôtres, il était difficile de trouver des personnes capables de répondre aux critères dressés par les apôtres. C’est pourquoi, petit à petit, l’Église a désigné des personnes pour leur succéder, en définissant d’autres ministères basés sur d’autres critères (cf. 1Timothée 32-12 ; Tite 1,6) et sans se limiter au nombre de douze. Et aujourd’hui encore, l’Église continue d’appeler des hommes et des femmes, au service de la Parole de Dieu.

De même, profitons de ces quelques jours qui nous séparent de la Pentecôte, pour prier pour que chaque groupe paroissial puisse profiter pleinement de cette effusion de l’Esprit Saint et trouver des ouvriers à la moisson, capable de continuer l’œuvre commencée. Le critère de discernement, comme pour Matthias, n’est pas de savoir s’il est parfait ou s’il est connu de tous, mais plutôt s’il est capable de témoigner véritablement de la Résurrection du Christ.

Demandons à l’Esprit Saint d’être des Matthias du XXIème siècle, « sanctifié dans la vérité » et ne faisant plus qu’un avec le Christ.

Père Bruno de Mas Latrie, vicaire