Dimanche 16 juin 2019 – Solennité de la Sainte Trinité

La Trinité, l’Enfant et le Saint

Quelle est cette Sagesse, familière de Dieu, « jouant devant Lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur Sa terre » (Pr 8, 30 – 31) ?

Si le jeu est le propre de l’enfant, cette Sagesse serait-elle donc enfantine ? Peut-on contempler de l’enfance en Dieu ? Rappelons-nous que le Messie annoncé est un enfant. « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! » (Is 9, 5).  Aux jours de sa venue, jours où l’Esprit du Seigneur reposera sur le rejeton de David, « le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira. » (Is 11, 6) Le chef de la création réconciliée dans l’Esprit, création où les prédateurs deviennent de pacifiques herbivores, sera un enfant.

L’enfant, c’est le Fils.

La perfection de sa filiation est reçue de l’Esprit Saint : l’Esprit filial procédant du Père.

L’Esprit Saint, aux derniers jours, « ramènera le cœur des pères vers leurs fils, et le cœur des fils vers leurs pères » (Ml 3, 24) pour « filialiser » un monde humain qui ignore son « Dieu et Père » (Ep 1, 3). Parce que les êtres humains sont «destinés d’avance par Dieu à être configurés à l’image de son Fils, afin que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères.(Rm 8, 29)

« Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas

(Rm 4, 17) voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire » (He 2, 10). Cette conduite est aussi l’œuvre de l’Esprit qui nous « conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 13). Quelle est-elle cette vérité tout entière ? C’est que nous sommes appelés à devenir des fils dans Le Fils et que Dieu est « notre Père » (Mt 6,9).

Cette conduite suppose des guides, des maîtres, des éducateurs humains pour des cœurs encore en enfance, en découverte, en apprentissage. Être conduits, menés, élevés, instruits de cette vocation filiale qui est bénédiction sur toute vie. Œuvre éducative intégrale que Saint Jean-Baptiste de La Salle a mise en forme de manière magistrale et novatrice, ayant lui-même découvert la « conduite de Dieu » sur sa vie. L’homme qui se laisse conduire par l’Esprit peut conduire les autres. « Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit » (Gal 5, 25).

Puissions-nous faire nôtres ces dernières paroles de notre saint patron avant sa mort : « J’adore en toutes choses la conduite de Dieu à mon égard ».

 

P. Patrick O’Mahony, curé