Été 2019

L’été

Pour le parisien, l’été apporte une sensation particulière. Quelque chose change. Il y a ceux qui quittent la ville. Il y a ceux qui restent y travailler. Même pour ces derniers, l’ensoleillement, la chaleur – parfois accablante -, la longueur des jours et la douceur des nuits, les vêtements clairs et légers, les nouvelles et les photos reçues de ceux qui sont au vert contribuent pendant quelques semaines à donner au quotidien une touche de gaieté éphémère et précieuse. Le monde environnant reste tendu, inquiet, incertain. Mais l’été nous rappelle physiquement que la vie est aussi à goûter dans sa luminosité, sa vigueur et sa sensualité.

« Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. »

J’aime particulièrement ce verset du psaume 33.

Nos journées d’été sont particulièrement propices pour nous exercer à cultiver une attitude de louange et de bénédiction. Vivant beaucoup plus à l’air libre, nous sommes plus exposés que d’habitude aux saines sensations primaires – chaleur, soif, par exemple -. Nous éprouvons plus directement la réalité de nos corps, leurs besoins, leur insertion dans l’environnement. Nous ne maîtrisons pas tout : le jour précède notre lever ; le blé mûrit en son temps ; les lucioles ont leur saison. La pulsation profonde de la vie ne change pas en fonction de la 5G ou de la climatisation. Cela, nous le pressentons davantage l’été, que ce soit une nuit au bord de la Seine ou sous les cieux marins étoilés. Oui, nous pouvons écouter davantage, plus attentivement, battre le pouls du monde. Là, dans l’écoute de la vie, laissons monter en nous une onde de gratitude, un écho intérieur, vibrant à l’unisson de la joie secrète et silencieuse qui s’exprime dans chaque être présent sous nos yeux : « Je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse à mes lèvres. »

Instruits à l’école de l’été, que chaque jour de nos vies nous choisissions de bénir et de louer notre Créateur et Père, un avec son Fils dans la joie de l’Esprit !

Je porte dans mon cœur ma bien-aimée paroisse, dispersée au soleil des vacances et des camps, au bureau, en voyage ou enracinée dans le quartier, tous âges et tous visages pour qui « je bénirai le Seigneur en tout temps, sa louange sans cesse en ma bouche » !

P. Patrick O’Mahony, curé