THOMAS ET PHILIPPE

L’entretien rapporté par Jean au chapitre 14 de son évangile, met en lumière l’attitude quelque peu récalcitrante de deux apôtres : Thomas et Philippe ; l’un réclamant d’en connaître plus sur l’itinéraire à emprunter, l’autre voulant rencontrer directement le Père. De fait, leurs célèbres demandes font un peu « tache » dans l’idée que nous nous faisons de la communauté des douze, resserrée autour de Jésus.

Il faut pourtant voir que, juste avant cet épisode, alors que le tragique dénouement approche, Pierre avait déjà interpellé le Christ en lui disant : « Seigneur, où vas-tu ? ». Et un peu plus tôt, Judas avait quitté le repas après que Jésus lui ait dit : « Ce que tu as à faire, fais-le vite ».

Dans cette ambiance, les demandes d’indication du chemin pour Thomas, et de connaissance directe du Père pour Philippe, ressemblent de fait, à une sorte de contestation.

Mais en réalité, ces deux interventions permettront à Jésus de délivrer deux révélations capitales :

  • Il est le chemin, la vérité et la vie.
  • Le Père et lui ne font qu’un.

Sachant qu’après l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte, Thomas deviendra un apôtre zélé partant bientôt pour l’Inde et la Chine pour y annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile, on ne peut qu’admirer sa détermination. Il mourra en martyr vers 70.

Sachant que Philippe s’en est allé en Asie Mineure et du côté du Caucase pour mourir à Hiérapolis, lui aussi en ardent serviteur de l’Évangile, entre autres auprès des Scythes, on ne peut, là aussi, qu’admirer son total engagement.

Nous pouvons donc leur être reconnaissants d’avoir posé les « bonnes questions » car elles demeurent celles de l’humanité. Celles du premier siècle comme celles du XXIe siècle : Par où devons-nous passer ? Qui est Dieu pour nous ?

Ces questions montrent que la liberté est partie prenante de notre Foi, précisément, quand l’incertitude pourrait l’emporter…

Patrick Decléty, diacre