Dimanche 10 mars – 1er dimanche de Carême

Marchons !

Le carême : certains y entrent avec tambours et trompettes, d’autres à reculons. Les premiers montent fièrement au front bardés de bonnes résolutions. Les seconds évitent prudemment chaque écueil en toute discrétion.

A la joie de Pâques, but du carême, ni le matamore ni l’écrevisse ne parviendront.

Car le but du carême n’est pas de prendre d’assaut en quarante jours tel ou tel défaut avec les bonnes résolutions pour munitions. Ce combat-là est quotidien ou n’est pas. En outre il est bien souvent centré sur soi. En ce sens, est perdu immédiatement ce que l’on croit avoir gagné.

Le carême est un parcours, un long chemin, un pas à pas où tout un peuple se laisse guider. La Parole de Dieu pose les jalons de cette marche. C’est par un murmure, ou dans un souffle,  ou à l’obscur d’une nuée parfois illuminée de feu que la colonne humaine s’ébranle vers une terre dont elle ne connaît pas le lieu. Mais, chemin faisant, elle se découvre elle-même et apprend à connaître son Dieu. La connaissance progresse en proportion du dénuement, du dépouillement, de la sobriété, de l’épreuve de vérité. Moins d’illusions, plus d’adhésion. Dieu est là, en avant, au milieu, à côté, à l’arrière, soutenant de toute part chaque pas chancelant, chaque tâtonnement, prenant en charge chutes et relèvements.

Ce que l’Eglise demande au Seigneur pour chacun de ses enfants, en ce début de carême, n’est pas de remporter des trophées. Elle prie pour qu’il leur soit accordé de « progresser dans la connaissance de Jésus-Christ » et de s’ouvrir « à sa lumière par une vie de plus en plus fidèle ».

Appliquons-nous donc à connaître le Seigneur. La connaissance de Dieu ouvre à la paix et à la joie. Elle est le porche de l’amour. Humilité et pauvreté en sont les piliers.

Au jour le jour, la fidélité au Dieu fidèle est comme  le surgissement d’une aurore : la sortie de l’ombre de toute la beauté du monde.

Père Patrick O’Mahony, curé