L’éternité, c’est long, surtout vers la fin !

L’expression « vie éternelle » apparaît pour la première fois dans la Bible, dans le livre des Maccabées, qui correspond à la première lecture de ce dimanche. Auparavant, on n’avait pas encore osé penser qu’après la mort, la vie continuait. L’autre mention de cette expression dans l’Ancien Testament se trouve dans le livre de Daniel et évoque le Jugement dernier : « un grand nombre de ceux qui dorment au pays de la poussière s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l’opprobre, l’horreur éternelle (Dn 2,12) ». Et c’est dans cette compréhension de la vie éternelle, que les martyrs d’Israël ont préféré la mort sur terre plutôt que de renoncer à la vie en Dieu pour l’éternité.

Cette perspective d’éternité promise par Dieu à tous, sans exception, est réaffirmée par le Christ : « Celui qui écoute ma parole et qui croit à Celui qui m’a envoyé, celui-là a la vie éternelle ». Cette dernière est l’état de joie parfaite que partagent ceux qui, après la mort, vivent en présence de Dieu. Mais elle n’est pas pour après notre mort, elle se vit dès aujourd’hui, ici et maintenant, et ce depuis notre baptême. C’est le cadeau que Dieu nous donne. « La vie, c’est d’être avec le Christ. Là où est le Christ, là est la vie, là est le Royaume » dit saint Ambroise. L’éternité nous suggère la perfection, la plénitude, la totalité, une source intarissable de bonheur, de paix, de communion mutuelle.

Mais reconnaissons-le, cette question de l’éternité nous met bien souvent mal à l’aise, voir constitue une pierre d’achoppement pour certains. Tout simplement parce qu’on s’imagine assis devant Dieu, à ne rien faire et à prier pour l’éternité sans s’arrêter. Comme dit un enfant du patronage : « mais, on va s’ennuyer ! »

Mais, au contraire, la vie éternelle renouvelle notre vie de chaque jour, car elle fait grandir en nous la Foi, l’Espérance et la Charité. Et, il nous revient de recevoir ou de refuser cette Vie. Il nous revient d’être chiche ou généreux dans notre accueil. Il nous revient d’ouvrir grand la porte de notre cœur pour que la grâce puisse opérer son Œuvre de Vie, ou au contraire de ne faire qu’entrouvrir la fenêtre de peur d’être dérangé. Dieu désire pour nous de grandes choses. Il désire l’éternité, il nous la met à portée de cœur. Saisissons là !

                                                                                 

                                                                                  Abbé Bruno de Mas Latrie, vicaire