LE DON DE LA MISERICORDE

 

Qu’est-ce qui pourra montrer au monde que Jésus est ressuscité ? En effet, il ne s’est manifesté qu’à ses proches, dans le secret, et l’on pourra toujours arguer d’un manque de preuves pour refuser de croire. Pourtant chaque apparition de Jésus, aussi intime et gratuite qu’elle soit, est aussi le don d’une réalité qui demeure pour l’Église.

Ceci est particulièrement vrai de l’apparition de ce dimanche, huit jours après Pâques, célébré comme le dimanche de la Miséricorde divine. Jésus y transmet à ses disciples, dans l’Esprit qu’il souffle sur eux, la mission de remettre leurs péchés aux hommes. Par là c’est sa propre mission qu’il leur transmet : « comme le Père m’a envoyé, moi-aussi je vous envoie ». Il le peut, car le Ressuscité est toujours aussi le Crucifié, ce dont témoignent les plaies qu’il leur montre sur ses mains et dans son côté. Ces plaies, toujours ouvertes, sont devenues la source de la grâce et du pardon ainsi que l’attestent le sang et l’eau jaillis de son côté après sa mort.

Les disciples sont les premiers bénéficiaires de cette miséricorde, eux qui l’ont abandonné et qui, par-delà leur défaillance s’entendent dire : « la Paix soit avec vous ». C’est pourquoi ils ont à leur tour à remettre aux hommes leurs péchés. Ils le feront sacramentellement par le baptême, donné à ceux qui auront cru. Ils le feront réellement en pardonnant à leurs ennemis, investis qu’ils sont de la puissance de l’Esprit pour être vainqueurs du mal par le bien (cf. Rm 12, 21).

C’est cette miséricorde dont nous sommes dépositaires qui est le témoignage vivant de la résurrection du Christ : si Dieu seul peut pardonner les péchés, alors le fait que nous pardonnions réellement à ceux qui nous ont offensés, révèle la présence divine au milieu des hommes. Mais nous ne pouvons pardonner qu’à la manière de Jésus, c’est-à-dire en souffrant des offenses et en les portant à même notre existence en intercédant auprès du Père pour les pécheurs. Et celui qui nous en donne la force, c’est Jésus ressuscité vivant en nous.

Encore faut-il croire en ce don et cette présence ! Heureuse absence de Thomas qui nous permet de comprendre que c’est notre manque de foi qui continue à rouvrir les plaies du Christ ! Heureuse confession de foi de Thomas qui nous donne de toucher la miséricorde du Christ et d’y puiser la force du pardon pour les hommes !

La miséricorde, voici l’arme absolue, capable de bouleverser le monde !

P. Antoine Vidalin