Les lois  prolifèrent comme un cancer.

Tout groupe de pression bien organisé en ourdit la fabrication.

S’émeut-on du sort des animaux du cirque ? Vite, une loi ! Quelqu’un honnit-il la chasse à la glu ? De grâce, une loi ! La betterave à sucre est-elle en danger ? Preste, une loi !

La tumeur légiférante, généralisée, tuera le corps social.

« Trop gouverner est le plus grand danger des gouvernements », discernait Mirabeau. Les tenants des Lumières devraient consulter leurs lumières…

Toutes ces lois procèdent au fond d’une aversion : celle de la Loi. Détestation d’une Loi supérieure et fondamentale. A la fois pierre d’angle et pierre de faîte. Une Loi qui canalise, oriente, finalise, harmonise la production des lois, pour la consolidation organique d’un corps social ordonné. Une Loi première et dernière, ultime, unifiante et discriminante. Celle au nom de laquelle on refuse certaines lois. Celle au nom de laquelle on s’oblige à d’autres lois.

Cette Loi existe. Elle repose au fond des consciences. Elle les surplombe. Pour les consciences distraites ou complaisantes avec elles-mêmes, elle est consignée dans la Nature et la Religion. Le décalogue biblique la rappelle. Le Christ l’accomplit. L’Esprit Saint l’effuse et l’infuse comme le seul impératif catégorique humanisant et libérateur : « Aime ».

Quand on n’aime pas cette Loi, on n’aime ni la vie, ni la chair, ni l’enfant, ni la joie, ni la beauté, ni le sexe, ni la famille, ni la femme, ni l’homme, ni la Nature, ni la Religion. On est dans la négation, la déconstrution.

Déconstruisons ! Là où est l’ordre, mettons le chaos. La transe est notre raison.  Rien ne doit contraindre nos transes : trans-gression, trans-humanisation, trans-sexuation. Légiférons sur tout, légitimons tout par nos lois, surtout ce que la Loi nous interdit.

A l’assaut de la Loi ! Taïaut, taïaut ! Dérive d’une volonté de puissance en délire. Folie d’une volonté de toute puissance camouflée en tolérance, progrès, humanisme.

« Il n’y a que Dieu qui puisse sans danger être tout-puissant » (Alexis de Tocqueville)

Père Patrick O’Mahony, Curé