Celui ci est mon Fils bien-aimé !

Pourquoi donc l’Esprit Saint descend-il sur Jésus après son baptême ? Jésus qui est vraiment Fils de Dieu dès sa conception n’est-il pas dès ce moment rempli d’Esprit Saint ? Pourtant c’est bien un événement réel qui lui arrive et quelque chose change dans son humanité à tel point que Pierre affirme : « Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance (Ac 10, 38) ». Et ce n’est d’ailleurs qu’après ce don que Jésus inaugure son ministère de prédication et de guérison.

Nous pouvons répondre ainsi : ce que Jésus est par nature, à savoir Fils de Dieu, il lui faut aussi le devenir en son humanité, pour que notre humanité en lui entre dans l’adoption filiale. Et cela ne peut se faire sans l’engagement de sa liberté humaine. C’est le sens de son baptême par Jean : Jésus consent humblement à être baptisé au rang des pécheurs (lui qui est sans péché) et en solidarité avec eux. Par là, il consent d’avance librement à la mission que le Père lui confie pour sauver les pécheurs : porter la malédiction du péché en étant plongé dans les eaux de la mort, pour ressusciter et inaugurer en lui une humanité nouvelle.

Jésus révèle ainsi sa manière d’être Fils, dans l’obéissance au Père, et le Père confirme cette filiation par l’onction de l’Esprit Saint sur sa personne divino-humaine. Alors se révèle à nos yeux, dans la chair du Fils unique, le mystère éternel de la Trinité : le Père qui engendre le Fils, le Fils qui se remet à son Père dans la libre obéissance et l’Esprit qui scelle cette communion. Ainsi par cette onction qui ne s’effectue pas avec de l’huile comme pour les anciens rois de Juda mais passe par l’humble baptême dans les eaux du Jourdain et la descente en personne de l’Esprit Saint, Jésus est-il intronisé comme Roi-Messie en vue de sa mission de salut. Désormais l’Esprit Saint ne le quittera plus et sera en lui sa communion profonde de volonté avec le Père.

Il en est de même pour nous selon les grâces qui nous sont venues par Jésus Christ : au baptême, nous sommes plongés dans l’Esprit Saint pour une naissance nouvelle et une vie d’enfants de Dieu. Mais cette grâce de l’adoption filiale doit encore être ratifiée par notre libre consentement à nous mettre au service du Père pour entrer dans la mission du Messie. Cette libre offrande de nous-mêmes pourra alors être comblée dans le sacrement de confirmation par la plénitude des dons de l’Esprit Saint et nous serons ainsi intégrés à la mission de l’Église.

C’est pour dispenser ce sacrement si essentiel à ceux qui ne l’auraient pas encore reçu que la paroisse propose une formation en cinq soirées qui débute ce dimanche et nous conduira à la vigile de la Pentecôte pour la célébration diocésaine de la confirmation.

Il est encore temps de s’engager.

                                                                                                                                                                                                                                                      Père Antoine Vidalin