Maurice Denis – « Heureux les cœurs purs »

Avez-vous déjà rencontré quelqu’un qui se présente ainsi : « Je m’appelle Macaire » ? C’est très rare. Qui porte ce prénom ? Qui le propage sur les réseaux ?

Naguère, dans des circonstances dramatiques, il fut de bon ton – presque prescrit, faute de ne pas être « citoyen » –  de dire de soi-même : « Je suis Charlie ». C’était multiplié à l’infini, souvenez-vous : « #je suis Charlie ».

En vérité, le chrétien devrait affirmer : « Je suis Macaire ».

Je crois qu’il faut d’urgence lancer le mot dièse : « #je suis Macaire ».

Y a-t-il eu une catastrophe inconnue qui nous vaille un tel lancement, mon père ? Non, pas du tout, au contraire ! Pourquoi donc est-ce urgent de lancer ce mot-dièse ? En raison d’une Bonne Nouvelle inconnue !

« Macaire » veut dire « Bienheureux ». Chrétien, tu es par définition « Bienheureux », makarios en grec, Macaire en Français. Tu es Macaire parce que le Seigneur a posé sur toi sa main. Tu es béni de toutes les bénédictions possibles, qui sont  au Ciel  dans le Christ et te sont continuellement destinées. Elles rayonnent sur toi.

Mais toi, où es-tu, Macaire, où es-tu Chrétien, où es-tu, Bienheureux ? Exposé au rayonnement ou cantonné dans tes retranchements ? 

Tu restes cantonné dans tes retranchements quand tu t’alignes sur les critères du monde. Quand tu penses, parles et agis  selon ses critères : appât du gain, consommation sans frein, divertissement à tout crin, notoriété à tout prix. Alors, tu perds ton nom, tu n’es plus Macaire, tu n’es plus bienheureux.

Tu as ta « consolation », ton gain, ton profit, ton avantage, ton intérêt. Ils t’enchaînent, ils te rivent à eux, ils te ligotent parce que tu vas vite avoir peur de les perdre. Oh, malheur ! Oui, malheureux es-tu !

T’exposes-tu au rayonnement céleste ? C’est donc que tu es sorti de toi-même ! Tu respires en pleine lumière ! Tu as quitté l’esprit du monde ! Alors cet exode va te faire ressentir une forme de pauvreté, il va provoquer en toi des pleurs de désolation et de compassion, ouvrir en toi une faim de Dieu, tu risques de te sentir repoussé…

Bienheureux es-tu alors, chrétien, tu portes ton vrai nom : tu t’appelles Macaire !         

Père P.O’Mahony, curé