Une religion universelle mais pas catholique

La semaine dernière le Père Bruno de Mas Latrie s’inquiétait à bon escient de ce que nous vivions en ce moment. La liste n’étant pas close, enfonçons encore un clou en ajoutant que nous nous inquiétons aussi de notre liberté, sauvagement attaquée dans ses dimensions les plus fondamentales :

  • liberté de conscience contestée pour les professionnels de la santé qui s’opposent à l’avortement,
  • liberté de célébrer ce que bon nous semble dans nos églises : de quel droit la République laïque hiérarchiserait-elle les sacrements et les rites ? César est-il bien à sa place ?
  • liberté de se mouvoir, de se réunir, de ne célébrer un mariage qu’en présence de 6 personnes (!), etc.

À tout cela s’ajoute l’entrave à la liberté d’enseigner sous peine de lynchage médiatique, voire de décapitation, et de lâchage par l’institution pourtant garante de l’autorité légitime qu’elle a donnée à ses administrés… Voilà où on en arrive quand la famille ou l’institution, quelle qu’elle soit, n’assume plus, par lâcheté, son rôle anaclitique : l’individu ne peut plus s’appuyer sur du solide. On se paie de mots en invoquant la solidarité. Telle est bien la rançon de cette idéologie de la « société liquide » qu’on nous a prônée comme un avenir radieux, indiscutable.

L’évangile de ce jour, celui dit « des talents », nous rappelle une première chose : que notre vie est le seul talent à faire fructifier. Peu importent nos capacités naturelles s’échelonnant, symboliquement, de 1 à 5. L’homme qui enterre sa vie parce qu’il a peur, en particulier de l’auteur même de la vie, parce qu’il ne veut prendre aucun risque est un homme mort, indigne de celui qui dira par ailleurs « Laisse les morts enterrer leurs morts » (Mt 8, 22). Voilà où nous conduisent les asservissements de toute sorte et, pire encore, ceux auxquels nous consentons librement.

La religion du Covidisme, celle à laquelle nous devons rendre un culte, de jour comme de nuit, à l’extérieur comme à l’intérieur, sans limite de fidèles, est bien la seule encouragée, portée aux nues… La parole est aux chiffres, elle n’est plus humaine. Et comme les stratèges le savent bien – militaires, politiques, etc. – le Chiffre c’est l’art du cryptage, de la dissimulation, l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes.

S’agissant de lanternes, la lettre de saint Paul, elle, nous rappelle une seconde chose, et non des moindres : « Vous êtes tous des fils de lumière, des fils du jours ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors ne restons pas endormis comme les autres ».

P. Jean-Claude Hanus