14 janvier 2018 – 2e dimanche du temps ordinaire

« Viens voir où j’habite »

Non, ce n’est pas une annonce  sur un site de rencontres !

C’est la réponse du Rabbi Jésus à André : « Rabbi, où demeures-tu ? » – « Viens et vois ».

« Jésus, tu habites où ? C’est où ta maison ? » dirait le petit enfant. Mais le petit enfant, en grandissant, pose mieux la question : « Où es-tu, Seigneur ?… Où puis-je te trouver ?… Te rencontrer ?… Te voir ?… Te connaître ?… Dis-moi !…Où ?… »

Plus la question avance, plus la réponse tarde – Dieu sait qu’elle peut tarder -, plus le cœur chauffe. Plus l’interrogation s’affirme, essentielle, centrale, totalisante. Elle prend toute la place, occupe tout le désir, le réduit à elle-même. « Où es-tu, Seigneur ? »

« Viens et vois ». Il te faut aller, André, bouge-toi ! Il faut te déplacer, André, suivre le Rabbi, te laisser guider sans savoir d’avance où il te mène : pas d’indication préalable, pas d’adresse, de plan, de nom de place, de ville ou de rue. Tu ne peux pas anticiper là où il demeure et où tu désires le trouver. C’est de l’ordre de l’inconnu. Inimaginable. Ce sera la surprise totale. La réponse à ta question, c’est de le suivre. Point. Tu y vas, avec lui, et tu verras.

Tu verras quoi ? Une villa, un appartement, un pavillon, une cabane, une grotte ? Je ne sais pas. C’est sans importance. Ce que je sais, André, ce dont je suis sûr, tu vas voir : c’est que, chemin faisant, tu verras qu’il est bon d’être avec lui, que sa présence te réjouit – même qu’elle te suffit !-  que ta confiance grandit pas à pas, que c’est comme si tu avais toujours été avec lui et lui avec toi, que tu sens que tu ne veux plus être séparé de lui. Tellement que – vois-tu ? Oui, tu vois ! – que tu en oublies complètement ta question, ton impatience, ta longue attente, ton angoisse de son silence. Il est là. Point. Il habite ta vie.

« Viens voir où j’habite ».

 

Père Patrick O’Mahony, vicaire