Le Christ est présent de multiples manières à son Église. Il est présent dans les plus pauvres (Mt 25, 40). Il est présent dans toute communauté, toute famille qui se réunit pour prier (Mt 18, 20). Il est présent dans sa Parole, proclamée, lue et méditée. Il est présent aussi à travers celui qui exerce le ministère sacerdotal et diaconal. Mais, il l’est de manière radicalement différente sous les espèces eucharistiques. Dieu s’y rend présent de manière suréminente. C’est pourquoi, l’Eucharistie est « la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen Gentium 11). Source parce qu’en communiant au Corps du Christ, nous entrons dans une union intime avec lui. Ce qui fera dire à saint Paul : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20). À la messe, le Christ ne nous communique pas seulement les fruits du salut, mais rend présente la source même du salut. Faire l’expérience de l’Eucharistie, c’est faire l’expérience d’une rencontre personnelle et ecclésiale avec Dieu, au plus haut point. C’est pourquoi, il devenait urgent pour le Chrétien de pouvoir de nouveau communier sacramentellement pour renouveler en nous la vie éternelle, mais aussi pour former le Corps du Christ, qu’est l’Église.

La fête du Saint Sacrement est un vibrant appel à approfondir le sens de l’Eucharistie et sa place dans notre vie. Je ne peux que nous inviter à vivre un émerveillement renouvelé à ce grand mystère. Mais aussi à contempler l’Eucharistie comme un don divin à accueillir, à recevoir, à garder, à préserver. La messe n’est pas de l’ordre du facultatif, mais de l’ordre de l’incontournable, du vital. Et il ne s’agit pas d’une mesure arbitraire, d’une lubie ou d’une marotte, mais assister à la messe dominicale est un « droit royal » du Chrétien lui-même. C’est un droit que Dieu nous donne. Il se peut que nous communiions de manière routinière, ou sans trop réfléchir, perdant parfois peut-être le sens du sacré de ce que nous recevons. Mais il serait beau de réaliser que nous recevons ce qu’il y a de plus sacré, de plus grand, de plus beau, de plus vrai. Ce que nous recevons, c’est le Christ lui-même qui se donne à nous, en acceptant de se faire humble, petit et fragile. Communier est un acte de foi dans le Christ mort et ressuscité qui se donne en nourriture. C’est pourquoi, nous répondons « Amen », lorsqu’on nous présente le Corps du Christ. Nous posons cet acte de foi : « Seigneur tu es là, je t’adore et je t’aime ».

Enfin, si le pain et le vin deviennent Corps et Sang du Christ, il est important, que le chrétien vive aussi une transformation pour devenir ce qu’il reçoit, à savoir le Christ. Il est beau que notre foi dans l’Eucharistie se convertisse en amour, en charité, soutenue et bénie par le Seigneur lui-même.

Que chacune de nos personnes soit un tabernacle du Christ.

        Abbé Bruno de Mas Latrie, vicaire