Vrai homme, vrai roi

En cette solennité du Christ roi de l’univers nous nous souvenons de la définition princeps d’un roi : « Homme qui règne » (cnrtl*). Nous fêtons donc aujourd’hui un homme qui règne sur tous les autres. Alors que, intuitivement, la royauté serait plutôt la prérogative de Dieu : la différence est de taille, pourrait-on dire, mais il faut bien rendre à Jésus ce qui lui appartient en propre, son humanité ; et à Dieu sa divinité. Nous ne serions pas loin de l’hérésie et du bûcher si, justement, les natures divine et humaine n’étaient intimement unies dans le Christ. Nous pouvons donc, en cela, plier le genou devant lui. Et lui seul. Pas simplement en tant que Dieu mais en tant qu’homme, que « vrai homme ». Ce qui revient à honorer la vérité d’une manière très particulière, manifestée dans la chair et le sang. Ce pour quoi, non moins justement, le Fils s’est incarné : « Je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » (Jn 18, 37) Alors, si nous fêtons le Christ en tant que roi de l’univers et de nos univers les plus intimes, nous ne pouvons que nous soumettre à la vérité et écouter sa voix, à nulle autre pareille.

Dans notre monde imprégné par le mensonge, quasi institutionnalisé, il est crucial de chercher à qui faire confiance, à qui se rallier pour faire corps puisque « Le corps ne ment jamais ». L’amour de la vérité doit être la marque caractéristique du chrétien – il n’en a pas pour autant l’exclusivité – du chrétien ardent qui vomit comme son Seigneur (Ap 3, 16) la tiédeur, ce signe criant d’accommodement avec l’esprit du monde, avec ses falsifications et ses manières d’être, que véhicule si bien la langue de bois, anti-évangélique par excellence. Notre roi se révèle exigeant, il y a un jugement à la clef, celui de l’amour qui prend le visage de la vérité, désirable ou redoutable, c’est selon…

P. Jean-Claude Hanus

* Centre national de ressources textuelles et lexicales, https://www.cnrtl.fr/