14 octobre – 28e dimanche du temps ordinaire

Le Christ, unique richesse.

En un monde où les puissances financières dictent souvent les comportements humains, la liturgie d’aujourd’hui nous fait entendre un son fraîchement discordant quand il proclame : « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux ! » (verset de l’Alléluia).

La richesse n’est pas la valeur suprême, même si beaucoup lui vende leur âme. La crise financière n’a pas remis en question la suprématie de ces puissances. On a même l’impression du contraire. Pour secourir des institutions financières, dont certaines avaient été responsables de cette crise, les États ont trouvé des milliards qu’ils ne trouvent pas quand il faut secourir les plus pauvres, en particulier quand ils se pressent à nos frontières.

La liturgie est un lieu privilégié pour faire retentir un autre son de cloche. Laissons donc retentir en nos cœurs les propos décalés qui y résonnent. « Tout l’or du monde auprès de la Sagesse n’est qu’un peu de sable, et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue » (première lecture).

Affirmation faite par un sage juif, un siècle avant le Christ.

Jésus tient un propos non moins déconcertant, contredisant le bon sens. À un homme qui avait de grands biens et qui observait fidèlement les commandements de Dieu, ne va-t-il pas jusqu’à proposer de se défaire de tous ses biens, mobiliers et immobiliers ? De suivre un prédicateur itinérant, qui n’a pas d’endroit où reposer sa tête et qui n’est riche que d’un message ? L’homme n’a pas franchi le pas. Il s’est retiré, « tout triste, car il avait de grands biens » (évangile). Et Jésus d’ajouter devant ses disciples déconcertés : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ».

Grâce à Dieu, depuis deux millénaires, il y a des milliers d’hommes et de femmes qui quittent tout pour suivre Jésus. On peut penser qu’ils sont, humblement, une espérance pour le monde.

Père Didier Le Riche, vicaire.