Vacances de Pâques

Gardiens de la paix

 À l’intérieur : un sanctuaire lumineux où brûle la flamme du cierge pascal parmi les fleurs.

À l’extérieur : bruits de bottes, coup de matraques, affrontements, vociférations.

Le monde serait-il un ring et notre paroisse une bulle ?

Le Christ est notre paix.  Par sa chair crucifiée et ressuscitée, par l’effusion de son Esprit, « il a détruit ce qui séparait les hommes : le mur de la haine. Il a voulu ainsi créer en lui un seul Homme nouveau en réconciliant avec Dieu les uns et les autres en un seul corps.  En sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour ceux qui sont loin, la paix pour ceux qui sont proches. Par lui, en effet, tous, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père 1». Pâques est la genèse de la Paix définitive.

Alors, pourquoi tant de stridences, de discordes, d’aigreurs, de jets d’acides, de gaz et de vitriol ?

« Là où il y a un zèle amer et un esprit de dispute, il y a du désordre et toutes sortes de mauvaises actions. Au contraire, la Sagesse qui vient d’En-Haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie.  C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix 2». Cultivons la paix et gardons-la. Soyons des gardiens de la paix. La paix de notre sanctuaire intérieur et communautaire. « Acquiers la Paix, et des milliers autour de toi trouveront le salut 3 ».

Le Christ Ressuscité est notre paix. Qu’il habite nos cœurs comme le cierge pascal le sanctuaire aux fleurs silencieuses. Faisons toute pensée négative captive pour la domestiquer sous l’autorité lumineuse de la Foi. Annihilons tout venin de soupçon par la confiance mutuelle et la réconciliation. Refrénons la légèreté corrosive de nos langues par la bénédiction. « Un peu de levain fait lever toute la pâte. Purifions-nous donc des vieux ferments, et nous serons une pâte nouvelle. Célébrons la Fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité 4 ». Pâte nouvelle de Pâques, communauté débarrassée de tout ferment de corruption, apprêtée pour le feu de l’Esprit.  Pentecôte tant attendue qui fera de la communauté un pain d’Eucharistie ! Pain de Vie distribué pour la paix du monde, ce ring insensé !

« Que le Père, si riche en gloire, nous donne la puissance de son Esprit, pour que se fortifie en nous l’homme intérieur. Que le Christ habite en nos cœurs par la foi ; restons enracinés dans l’amour, établis dans l’amour 5. »

Père Patrick O’Mahony, vicaire

1 Ep 2, 14-18 –  2 Jc 3, 16 -18 – 3 St Séraphim de Sarov (1759 -1833), moine russe orthodoxe – 4 1 Co 5, 7-8 – 5 Ep 3, 16-17