GAUDETE  ! 

Réjouissez-vous  !

De quoi donc nous réjouirions-nous ?

Les temps sont tendus.

Les gens sont fourbus.

Les esprits sont confus.

Précisément, dans tout cela, réjouissez-vous !

Vous touchez du doigt la limite. La limite de vos capacités à fabriquer vous-mêmes ce qui vous comblerait. On ne peut pas être comblé par ce qui vient de soi pour revenir à soi, comme en une boucle.

Mes projets, mes garanties, mes assurances, mes intérêts, mes investissements, mes idées,  rien de ce qui est mien ne tient.

Tout ce qui sort de nous et revient à nous, étant chargé de nos toxines, nous intoxique. Effet boomerang de l’autosuffisance, ce rêve mortifère.

Oui, réjouissez-vous d’être limités, dans le besoin, dépendants de l’apport des autres, du don de l’autre. Réjouissez-vous d’être ébréchés, fissurés, crevassés. Vous pourrez recevoir, vous pourrez sortir de vous-mêmes pour vous donner.

L’autosuffisance vous incarcère. La pauvreté vous libère.

Réjouissez-vous dans le Seigneur ! « Il comble de biens les affamés », « il guérit les cœurs brisés », il se fait source pour les assoiffés, pain pour les affamés, consolation pour les affligés, lumière pour les enténébrés.

Il vient sans cesse, parce qu’Il est, parce qu’Il subsiste éternellement ; Il vient sans cesse demeurer en ceux qui le cherchent, l’attendent, le désirent.

Et même à ceux qui ne l’attendent pas, ne le cherchent pas, ne le désirent pas, il donne la capacité de s’ouvrir, de se laisser creuser, de découvrir l’invitation à la joie.

Réjouissez-vous dans le Seigneur, à cause de Lui, grâce à Lui  !

                                                                                                                      Père Patrick O’Mahony – curé