SI J’AVAIS … (1CO 13) : ETRE, AVOIR ET DEVENIR

De manière constante, nous nous demandons ce que nous avons et ce dont nous sommes privés ; ensuite, ce que nous allons faire d’un avoir ou comment obtenir ce qui nous est, pour le moment, refusé. Cet avoir aux formes multiples, se demande l’apôtre Paul dans la 1ère Épître aux Corinthiens, n’opère-t-il pas une transformation en nous ?

Ainsi, une fois cet avoir en notre possession, que sommes-nous devenus ? Qui suis-je désormais, moi qui dispose maintenant de cet avoir ? Enfin, en quoi est-il utile à moi-même et aux autres ? Au chapitre 13, saint Paul vise les biens les plus grands, ce qui est le plus désirable à ses yeux : le fait de parler toutes les langues des hommes et même celles des anges ; ou encore, détenir la prophétie, connaitre tous les mystères, posséder toute la connaissance, et avoir cette foi qui transporte les montagnes. Il évoque encore le fait de partager tous ses biens et de tout donner jusqu’à son propre corps. Tout cela n’est-il pas plus désirable que toutes les possessions matérielles ? N’est-ce pas au-dessus de toutes les ambitions humaines ?

Pourtant, il confronte cet avoir avec des réalités difficiles et éprouvantes : l’injustice et le mal mais aussi toutes ces situations qui mettent à l’épreuve notre patience et notre capacité à servir. Il met en avant le fait que, dans une situation donnée, quelqu’un soit jaloux ou irrité ; ou qu’un autre recherche son propre intérêt, se vante, se gonfle ou soit indécent. Il oppose à de telles attitudes le fait de croire malgré tout, d’espérer contre toute espérance, d’endurer au-delà de tout. Selon lui, qu’est-ce qui rend possible une telle attitude ? L’amour, c’est-à-dire à la fois l’amour du Christ sur la croix et un amour humain dans le Christ. Aussi conclut-il après avoir appelé à être plein de zèle pour les dons les plus grands (cf. 12, 31), « recherchez l’amour » (14, 1).

P. Nicolas Delafon