Unité dans la diversité

On pourrait y voir une sorte de slogan politique, pétri de politiquement correct ou de notion contemporaine déviante et déviée, mais comprise de façon ajustée, cela vient résumer la 2e lecture de ce dimanche : « Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les services sont variés, mais c’est le même Seigneur. Les activités sont variées, mais c’est le même Dieu qui agit en tout et en tous. »

La première chose à comprendre, c’est qu’il n’y a qu’une seule Église, une seule épouse pour le Christ. Et donc, nous ne sommes pas là pour « faire » notre petite Église mais pour former l’Église de Dieu, une, sainte, catholique (c’est-à-dire universelle) et apostolique. Notre Église est un corps vivant, spirituel, animé par l’Esprit Saint. Et le Synode de la Synodalité, lancé par le Pape François, a pour objectif de développer les dons de l’Esprit Saint, donné à chaque baptisé.

La Synodalité s’appuie sur « la communion, la participation et la mission ». Le concept de communion exprime « la substance profonde du mystère et de la mission de l’Église », qui a dans la célébration eucharistique «sa source et son sommet ». Autrement dit, l’Eucharistie fait l’Église et l’Église fait l’Eucharistie. Mais cela doit avoir une implication dans notre vie chrétienne, d’où la participation active de chacun pour construire cette communion, cette unité. Alors que notre société, parfois dans ces plus hautes instances, cherche à diviser les Français ou à exclure certains pour X ou Y raison. De notre côté, en tant que chrétien, nous ne pouvons agir de la même façon. L’autre n’est pas un ennemi à abattre mais un frère à guérir, comme dit Charles de Foucauld. Nous devons chercher à construire cette unité, à vivre la fraternité. Et cela commence ici dans cette église, à Saint Jean-Baptiste-de-la-Salle, en m’intéressant aux autres, et pas simplement à ceux que je connais (et par exemple, pourquoi n’irais-je pas parler à au moins une personne que je ne connais pas à la sortie de la messe ?) Il n’y a pas de place, entre nous, pour l’indifférence, encore moins d’oppositions. Nous devons apprendre à nous recevoir, dans nos diversités, comme des dons complémentaires et irremplaçables pour manifester l’insondable richesse du Christ, dans l’unité du Saint Esprit. À travers la prière, le silence, l’humilité, la confiance, le désir de suivre le Christ, la patience, la participation aux sacrements, tout cela nous aide à percevoir quel don l’Esprit Saint veut me faire fructifier et par là-même, mettre au service des autres et de la paroisse avec humilité, en pensant toujours que son action vise « la Plus Grande Gloire de Dieu » et non la nôtre, sinon cela ne serait qu’humain et donc périssable. C’est pourquoi, à travers la mission, acte primordial du chrétien, un don a toujours vocation à se transformer en charisme, c’est-à-dire en don au service des autres.

Quelle est ta place dans l’Église, dans la paroisse, dans le diocèse ?

    « À chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien. » (1 Co 12, 7)

     Abbé Bruno de Mas Latrie