17 juin 2018 – 11e dimanche du temps ordinaire

Jardinier de mon âme

Si le journal Pasteur nous présente de beaux arbres, l’Evangile d’aujourd’hui nous emmène au jardin potager. Jésus nous livre la parabole de la graine de moutarde. Les paraboles permettent de faire comprendre aux yeux du cœur de l’homme le message du Christ dans lequel l’ordre rationnel est renversé, inversé. Le sauveur du monde ? Un bébé emmailloté dans une mangeoire ; le Christ, roi de l’univers ? « Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (Mc 10,45) ; Jésus s’agenouille pour laver les pieds de ses disciples (Jn 13,5) ; Marie le chante dans le Magnificat : « Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles »…Et la graine de moutarde, la plus petite des graines, devient la plus grande plante du potager ! Ce qui est petit, caché, peut donner de beaux fruits. Avec ce contraste, Jésus veut ouvrir notre cœur à la contemplation de plusieurs aspects de la vie de l’âme, qui l’aideront à grandir « jusqu’à entrer dans toute la plénitude de Dieu » (Eph 3,19) :

le secret : seul le jardinier qui l’a plantée sait que la graine pousse dans la terre. Seul Dieu connait le secret de notre âme. «  Ton Père, qui voit dans le secret… » (Mt 6,4). A l’heure du déballage public généralisé, de l’indiscrétion et parfois de l’impudeur, du tintamarre médiatique, préservons l’intime ;

le soin : le jardinier prend soin de sa plantation, et la protège. Qu’il est bon de prendre soin de sa vie spirituelle : silence, prière, lectures, rencontres, sacrements…! Puissions-nous surmonter toutes les préoccupations, écarter les sollicitations qui font obstacle à l’épanouissement de l’âme ;

la patience : tout jardinier sait que ce n’est pas en tirant sur le brin d’herbe qu’il le fera pousser plus vite…Dieu est patient, toujours il nous attend, quel que soit notre âge. Le temps de Dieu ne nous presse jamais ;

la confiance : la graine pousse, alors que les saisons se succèdent, avec de belles journées et des nuits obscures, du soleil et des orages. Le jardinier fait confiance au travail de la terre : faisons confiance à l’œuvre cachée de l’Esprit saint !

Soyons les jardiniers de notre âme ! Confions-nous à Marie : nous pourrons chanter avec Sainte Thérèse : « O Mère bien aimée, malgré ma petitesse, comme toi je possède en moi le Tout-Puissant » ; et pour moi aussi il fera des merveilles. Saint est son nom !

Xavier Riffaud, diacre