Fin du monde ou bien Venue du Seigneur ?

La crainte d’un effondrement général (collapsing) du monde se répand dans les esprits sous des variantes multiples (allant d’une crise générale obligeant l’humanité à repartir à neuf ou d’une disparition pure et simple de la race humaine) à tel point que certains jeunes adultes renoncent aujourd’hui à procréer pour ne pas augmenter les victimes de la crise écologique, voire pour ne pas engendrer de futurs destructeurs de la planète.

Quand l’ouverture à la vie est à ce point barrée, comment ne pas reconnaître dans une telle attitude, une forme terrible du désespoir ?

Or, ce désespoir n’est que l’envers dialectique d’une autre attitude qui fut celle de nos aînés, l’espoir d’un progrès terrestre et constant pour l’humanité sous l’égide de la techno-science. Or, l’approche technique, ainsi que le rappelle le pape dans son encyclique Laudato Si, nous place dans un rapport de violence sur la nature, nous empêchant de recevoir celle-ci comme la Création de Dieu pour y reconnaître ses valeurs et ses exigences. Une telle attitude de domination conduit aujourd’hui à une sorte de révolte de la nature, dont on mesure mieux le lien vital avec l’humanité. L’attitude inverse actuelle, dans sa crainte d’un effondrement, ne sort pas pour autant de l’approche scientifique en se nourrissant de ses calculs catastrophistes. Elle montre par là son impuissance à ouvrir une voie nouvelle pour l’humanité.

Sans doute nous faut-il revenir tout d’abord à une sagesse de vie, attentive au mystère de l’homme dans la Création : rien n’est joué car l’homme est libre ! Rien n’est perdu car Dieu demeure présent au monde ! Plus encore, les Ecritures Saintes proclamées en ce dimanche nous révèlent qu’il y aura bien une fin du monde, non pas son anéantissement mais sa transformation ! Car le Seigneur viendra ! Cette venue comme une fournaise détruira tout ce qui est caduque et opposé à Dieu pour guérir et ressusciter ceux qui l’attendent. Car nous attendons et même nous espérons cette Création nouvelle qui verra la fin de toute souffrance, du mal et de la mort. Telle est l’espérance chrétienne qui nous préserve des faux espoirs et des désespoirs  mortifères !

En attendant, le temps qui reste est celui de notre liberté et de notre fidélité dans le témoignage rendu au Dieu Créateur et Sauveur du monde ! Le Seigneur nous avertit que cette fidélité nous vaudra persécutions et mises à mort. Mais nous ne craignons pas, dans l’espérance de notre résurrection. En attendant, nous continuerons à mettre au monde de nouveaux enfants, pour que pas un ne manque lors de la venue du Seigneur dans son Royaume.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      Père Antoine Vidalin