Être servi ou servir ?

La raison fondamentale de la ‘‘constitution’’ originale de l’Église, c’est qu’elle doit imiter Jésus. Le chemin de la croix, pour Jésus, ce n’est pas d’abord « souffrir », mais c’est servir. Malgré les pleins pouvoirs dont il disposait comme fils de Dieu, Jésus ne s’est pas comporté en « dominateur », mais en serviteur. Or, les disciples dans l’évangile de ce jour, n’ont pas bien compris comment être vraiment un disciple de Jésus. Leur seule préoccupation, c’est de savoir qui sera premier dans le royaume de Dieu. La souffrance morale de Jésus ne semble pas les toucher beaucoup, tant ils sont encore remplis de la soif du pouvoir. Les disciples ont encore une vision très terre à terre de l’ère messianique. Ils pensent que Jésus sera le chef qui chassera les occupants romains et rétablira la royauté en Israël. Et dans ce royaume, ils demandent à Jésus d’occuper les premières places. Le chemin de Jésus est tout autre. C’est pourquoi, devant la réaction des dix autres disciples face à la demande de Jacques et Jean, fils de Zébédée, Jésus les appelle près de lui, et leur donne les clés pour être vraiment disciple et nous indique aussi le véritable sens de la mission.

Notre mission aujourd’hui, n’est pas un pouvoir qui nous serait donné ; notre mission n’a pas d’autre but que de servir nos frères et sœurs. Comment accomplir ce service ? Cela dépend de la vocation de chacun. Certains sont appelés à partir pour être au service des gens comme ministre de l’évangile. D’autres vont servir là où ils sont, en s’engageant dans des causes humanitaires, dans des services paroissiaux sans oublier les groupes de prière. D’autres vont servir dans la vie quotidienne, familiale, professionnelle, sociale.

 Comment comprenons-nous le service et comment l’exerçons-nous ? Notre mission chrétienne de service peut parfois se transformer en une domination insupportable. L’humilité du serviteur est bien ce que Jésus a vécu et nous recommande.

P. Stéphane Nzobanga