17 septembre – 24e dimanche du temps ordinaire

Remise de dettes

Si l’Église a reçu de Dieu le pouvoir de pardonner en Son nom (évangile de dimanche dernier), qu’en est-il pour chacun des ses membres ? Le pardon est-il possible ? Nous connaissons bien dans nos existences les ravages des rancœurs ressassées ; elles ne font qu’accroître le mal dont il devient de plus en plus difficile de sortir.

Deux siècles avant Jésus Christ, Ben Sirac le Sage renverse l’escalade de la vengeance en invitant au pardon : « Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait : alors à ta prière tes péchés seront remis » (première lecture). Pardonner à son semblable et se reconnaître pécheur devant Dieu sont deux attitudes indissociables.

Sans doute, est-ce cette sagesse qui imprègne les esprits à l’époque de Jésus et pousse Pierre à envisager le pardon « jusqu’à sept fois », le nombre sept évoquant la perfection. Mais, pour Jésus, le pardon est sans mesure : « Je ne te dis pas sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois » (évangile »). La parabole qui suit nous permet de comprendre cette exigence car Jésus connaît le cœur de l’homme et sait bien qu’il est parfois, même impossible, de pardonner. En effet, ne sommes-nous pas à l’image du serviteur impitoyable ? Celui-ci refuse de remettre à son compagnon une somme dérisoire-cent pièces d’argent-, alors que son maître « saisi de compassion » lui remet la totalité de sa dette dont la somme, « soixante millions de pièces d’argent », dépasse l’entendement.

Pour pardonner à son frère « du fond de son cœur », il faut avoir accueilli sans réserve le pardon de Dieu devant qui nous sommes tous des débiteurs insolvables : Dieu nous a aimés jusqu’à nous donner son Fils.

Le Christ, nous dit Saint Paul, « a connu la mort, puis la vie » (deuxième lecture). C’est en entrant dans le mystère de la croix que nous pouvons « avec Lui, par Lui et en Lui » vaincre le mal et ainsi pardonner à ceux qui nous ont offensés.

Au cours de chaque eucharistie nous pouvons redire en toute humilité : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ».

Père Didier LE RICHE