Servir

« Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » (Mt 22, 21)

        C’est par cette affirmation devenue célèbre, que Jésus déjoue le piège que ses adversaires lui tendaient.  Faut-il payer l’impôt à César, à l’occupant romain ?  La réponse de Jésus n’invite ni à la subversion ni à la soumission, mais à la distinction entre le temporel et le spirituel. Il est juste d’assumer les charges résultant de la vie en société, donc de payer l’impôt. Le chrétien va donc s’acquitter de sa dette fiscale, de ses devoirs envers l’autorité publique. Mais, s’il faut rendre à César ce qui lui revient, que rendrons-nous à Dieu ?

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit… , tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 37.39). Dieu est amour. « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son fils unique » (Jn 3, 16). Rendre à Dieu ce qui lui revient, c’est répondre à son amour, c’est bâtir son royaume en suivant ses commandements. En quelles occasions pouvons-nous acquitter notre dette d’amour envers Dieu ?

Le Christ nous le dit lui-même : « Seigneur, quand est-ce que nous t’avons

vu ?  Tu avais faim et nous t’avons nourri ? Tu avais soif et nous t’avons donné à boire ? Tu étais un étranger et nous t’avons accueilli ? Tu étais malade ou en prison… quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?… Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 37-40).

Si nous envisageons la vie en société dans un esprit de service, si notre vie devient action de grâce, alors tout en rendant à César ce qui est à César, nous rendrons gloire à Dieu. Ainsi est jeté un pont entre la cité des hommes et la Jérusalem céleste.

Puissent ceux qui doivent répondre à leur vocation chrétienne dans leur vie quotidienne chercher toujours l’Esprit du Christ ; qu’ainsi, en accomplissant leurs tâches d’hommes, ils travaillent à l’avènement du règne de Dieu. Nous sommes tous frères.

Xavier Riffaud, diacre