Joie du choix, choix de la joie

L’entrée en Carême est une chance à saisir pour actualiser notre baptême, en union avec nos catéchumènes qui se préparent à recevoir ce grand sacrement. Par le baptême, nous répondons à un appel de Dieu. Et nous avons alors le choix de demeurer, ou non, dans la relation filiale d’amour qui nous unit au Christ, dans la joie des enfants de Dieu.e Carême commence par le mercredi des cendres : combien d’enfants savent-ils qu’il s’agit de descendre ? Car, effectivement, nous sommes invités à descendre en nous-mêmes, à nous soucier de notre âme. L’Évangile nous y aide : le diable tentateur a réussi à faire chuter Ève et Adam, mais a échoué avec Jésus. Et avec
nous ? et avec moi ?

Sans doute parfois trouvons-nous difficile de devoir choisir, de discerner ce qui est conforme à notre relation d’amour filial. Peut-être même avons-nous la tentation d’opposer un « à quoi bon » à l’évidence de la nécessité de choisir.

Lorsque tout va bien, ne sommes-nous pas tentés de laisser aller notre vie quotidienne au fil de l’eau si douce de nos satisfactions et réussites? Mais lorsque les soucis nous accablent, la tentation de baisser les bras peut nous assaillir.

Or, choisir est le propre de l’homme, son honneur et sa grandeur, à tout âge ! Ni esclaves, ni robots, nous avons été créés libres et sommes appelés à la liberté, à agir en conscience. Le Carême nous invite à considérer la trame de notre vie, à voir où nous mène notre chemin. Sommes-nous sur la droite ligne de l’amour filial ? Ou bien certains choix ou « non-choix », nous font-ils emprunter des chemins de traverse? On voit que même les plus éminentes personnes, admirées pour leurs œuvres, ont pu s’égarer…

Quarante jours, c’est long…. et ce n’est pas si long : il faut un peu de temps pour désencombrer notre corps, notre cœur et notre âme, pour s’alléger de contraintes diverses, introduire des moments de prière et de réflexion dans le déroulement d’une journée.

On ne peut pas, en un instant, répondre si facilement à l’invitation du Deutéronome :  « Je place devant toi, dit le Seigneur, la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis la vie » (Dt 30, 19).

Alors, avec Marie mère de l’espérance, entrons sans tarder et avec confiance dans le Carême, car nous avons la certitude que le Christ chemine avec nous ; entrons-y joyeusement, car nous savons que nous attend la joie immense de la Résurrection.

                                                                                                                                                                                                  Xavier Riffaud, diacre