DEMANDÉS, PRIS : LES CONSACRÉS

FÊTE DE LA PRÉSENTATION DU SEIGNEUR (2 FÉVRIER)

Dans la liturgie de l’Église, la fête de la Présentation du Seigneur est à date fixe pour les catholiques comme pour les orthodoxes. Cette fête ancienne est aussi appelée « la sainte Rencontre » à partir du terme grec Ὑπαπαντή, qui signifie « rencontre » et du verbe ὑπαπαντάω, qui a le sens d’aller au-devant. Ce titre met l’accent sur la rencontre entre Jésus et Syméon. Jésus vient au-devant de Syméon, afin qu’il voie en lui « une lumière pour une révélation des Nations », selon le cantique attribué au vieillard (cf. Lc 2, 32) et chanté chaque soir lors des Complies.

En raison de l’emploi par Syméon du terme de « lumière » pour qualifier Jésus mais aussi du lien de la rencontre, le Temple de Jérusalem, la fête est marquée par une procession à la lumière des cierges. Elle est également appelée « la chandeleur ». Elle reçoit aussi une ultime appellation « fête de la Purification de Marie », car elle se situe 40 jours après la naissance de Jésus. Selon la Loi de Moïse, Marie vient dans le Temple pour se purifier mais aussi, avec Joseph, pour présenter son fils premier-né au Seigneur à qui appartient tous les enfants depuis la menace que Pharaon a fait peser sur eux en Égypte : « Consacre-moi tout premier-né. Il est à moi » (Ex 13, 2).

Que signifie « être consacré » ? Dans le 1er Livre de Samuel, l’enfant Samuel est peut-être le premier consacré. En effet, sa mère, Anne, stérile, a fait le vœu de le donner à Dieu, si ce dernier lui donnait un enfant. C’est pourquoi elle s’écrie à sa naissance : « je l’ai demandé au Seigneur » (1S 1, 20), en hébreu sha’al. En retour, elle sait que Dieu le demande, selon le vœu qu’elle a fait. Elle ajoute qu’il « est demandé pour le Seigneur » (1, 28). Samuel est consacré, en tant qu’il est demandé, pris, mobilisé par la mission que Dieu va lui confier. Il est consacré autant qu’il se consacre à cette mission. Être consacré, d’une consécration baptismale, c’est être occupé par ce que l’on a à faire, là où Dieu nous attend, ce qui ne concerne pas que les baptisés et, en ce lieu, mourir et ressusciter avec le Christ dans la force de l’Esprit ; ou encore, avec la 1ère Épître selon saint Pierre que nous avons étudiée à la paroisse, être « édifié en maison spirituelle » (1P 2, 5) dans le Temple du Seigneur.

Père Nicolas Delafon