Ce qui caractérise la morale chrétienne, ce n’est pas seulement d’aimer, car toutes les morales humaines le demandent, mais d’aimer « nos ennemis », c’est-à-dire ceux qui nous haïssent, ceux qui nous calomnient, ceux qui nous critiquent, ceux qui nous agacent, ceux qui ne sont pas d’accord avec nous, ceux qui nous agressent par toute leur manière de penser, de s’habiller, de prier, etc. il s’agit d’un amour universel qui n’exclut personne. Prétendre servir Dieu, alors que l’on se désintéresse de l’autre serait de l’hypocrisie.

Avec Jésus, la loi qui réglait les différends entre les clans et les individus est abolie. Désormais, ce n’est plus « œil pour œil, dent pour dent », mais la loi de l’amour, de l’oubli de soi et du don total, et même en faveur des ennemis.

Cette nouvelle loi n’est donc pas une série d’obligations à suivre, mais la foi à donner à Jésus. C’est pourquoi Saint Marc dans la péricope de ce septième dimanche du temps ordinaire, nous indique quelle doit être la mesure de cet amour : celle de la miséricorde infinie de Dieu.

Dieu est amour jusqu’au bout. Il ne juge personne, ne condamne personne, Il pardonne à tous les pécheurs. Notre « propre jugement » est remis entre nos mains, « car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous » (Lc 6,38).

Il n’y a rien de commun entre Dieu et l’injustice, la torture, la méchanceté, la lâcheté, l’égoïsme. Et ceux qui font de telles choses, n’auront point de part avec lui. Ce n’est pas Dieu qui juge ou condamne, mais c’est plutôt l’homme qui se détruit lui-même et se condamne en refusant obstinément son pardon.

Ce qui caractérise le chrétien, c’est d’aimer ceux qui ne nous aiment pas, c’est d’être miséricordieux. Une personne qui ne l’est pas est imparfaite. La bonté et la perfection s’enracinent dans la miséricorde qui s’exprime avant tout dans le pardon. Le pardon est ce pilier qui nous montre la gratuité de l’amour de Dieu, qui est le premier à nous aimer. L’amour chrétien, c’est un amour sans frontières, sans limites. Notre amour doit dépasser nos communautés naturelles : famille, milieu, nation, race. Cette sorte d’amour – l’agapé, la charité – est à recevoir de Dieu.

Père Stéphane Nzobanga