Dimanche 24 février – 7e dimanche du temps ordinaire

À temps et à contretemps

La méditation de l’Évangile proposé ce dimanche (Luc 6, 27 -38) nous confirme dans la ligne du temps ordinaire de la nouvelle année liturgique. Le style et le parti pris de Luc sonnent comme un avertissement adressé aux hommes de son temps mais aussi à l’humanité pour les siècles des siècles. Ceci veut expliquer le tranchant de la parole du Christ.

Luc, faut-il le rappeler, n’a pas été apôtre contrairement aux trois autres évangélistes. Il a cependant vécu à leur contact, sans doute après le ministère public du Christ. Tout spécialement, il a été un proche de Paul. On dit qu’il était Grec et on le voit volontiers médecin… Tout cela donne à ses écrits une teneur de savant diagnostic humanitaire.

En effet, le souci constant chez Luc est de, non seulement transmettre la parole de Dieu, mais encore d’indiquer les remèdes nécessaires à toute civilisation pour guérir. C’est-à-dire montrer l’espérance quels que soient les travers dans lesquels l’homme peut tomber.

Ce Dieu bon avec les ingrats rendra sa justice avec miséricorde…

Et nous qui cherchons notre chemin dans le sillage de l’évangéliste, nous recevons ici une prophétie étonnante, voire dérangeante, mais qui nous oblige d’autant : aimer nos ennemis – faire du bien, davantage à nos adversaires – prêter sans compter en retour… (tout ce qu’on ne fait pas !!). Voilà pourtant ce que Jésus a déclaré à ses propres disciples « en ce temps-là » pour que nous l’entendions, grâce à Luc, « en notre temps ».

Car la mesure dont nous nous servons, Il s’en servira aussi.

 

Patrick Decléty, diacre.