Dans l’extrait du 1er chapitre de l’Évangile de Marc que nous lisons en ce dimanche de la Parole de Dieu  le ton pourrait sentir l’urgence : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche… ». De fait, cette deuxième présentation de l’appel de Jésus aux premiers disciples nous frappe par son immédiateté. Les « Aussitôt, ils le suivirent » pour Simon et André et « Alors, ils partirent à sa suite » pour Jacques et Jean, nous impressionnent. Dieu sait si les dames catéchistes ont utilisé ces images pour montrer aux enfants la radicalité de l’appel de Dieu et la spontanéité de la réponse des futurs apôtres. Il en sera également ainsi pour Matthieu.

À y regarder de plus près, il semblerait que le scénario de l’appel ait été plus progressif qu’il n’y parait. Déjà, dimanche dernier, l’Évangile de Jean nous indiquait qu’il y avait eu une première approche lors de la désignation de l’Agneau de Dieu par Jean-le-Baptiste ; les deux disciples, André et Simon, avaient d’abord suivi le Christ pour aller « voir où il demeurait ».

Cela peut signifier que la radicalité de l’appel, qui reste pleine et entière, prend malgré tout quelque précaution… En tous cas, Jésus n’a pas été un sergent recruteur comme ceux des affiches de l’US Army où un oncle Sam pointe du doigt le passant en disant : « I need you for the Army ! ». Il y a dû avoir en Galilée, sur les bords du lac, un certain délai (aujourd’hui on dirait « discernement »…) et celui-ci a permis à chacun de se préparer, de mûrir et de prévenir ses proches. Sinon comment Zébédée et ses ouvriers auraient-ils pu s’en sortir ? Et les filets de Simon et d’André auraient-ils pu être simplement abandonnés dans la mer de Galilée ?

L’histoire de Jonas, dont nous entendrons un extrait ce dimanche également, rapporte bien les méandres, voire les refus préalablement exprimés par le prophète vis-à-vis de la demande du Seigneur. En réalité, il semble que notre Dieu soit patient et qu’il respecte ce délai de réflexion qui nous est nécessaire pour répondre. Il en va de notre liberté, voulue par le Seigneur dès le commencement… Il n’y a qu’une seule urgence : annoncer sa Parole !

Patrick Decléty, diacre