L’ ENTRE-TEMPS

Dira ? Ne dira pas ? Mesdames et Messieurs du Gouvernement, de la Science, du gouvernement de la Science et de la science du gouvernement, quand donc direz-vous ? Quand pourrons-nous réserver une chambre d’hôtel, un fauteuil au théâtre, une table au restaurant ? Nous languissons de ne pas savoir, nous sommes fatigués d’attendre.

Un chrétien vraiment chrétien ne devrait pas tenir ces propos-là.

Nous, chrétiens, sommes des gens de l’Espérance. Pour cette raison, nous sommes des gens de la certitude et de l’attente. Nous ne nous fatiguons pas d’attendre et ne languissons pas de ne pas savoir.

Le Christ viendra dans sa gloire, c’est certain. C’est certain parce qu’Il l’a promis. Il viendra prendre possession de son Règne. Sûr ! Mais quand ? Ni homme, ni ange, ni même le Fils ne le sait. C’est le secret du Père, qu’Il soit béni !

Nous nous réjouissons de la promesse. Nous y croyons. Notre foi nous fait attendre. Elle nous maintient dans l’attente parce qu’« il est fidèle celui qui a promis » (He 10,23). Nous persévérons dans l’attente, tendus de tout notre être vers ce Jour, en soupirant avec l’Esprit et l’Epouse : « Viens, Seigneur Jésus » (Ap 22, 17) ! Nous sommes vigilants dans la prière pour ne pas nous endormir, pour rester éveillés dans l’attente, car nous sommes avertis : « vous ne savez ni le jour ni l’heure » (Mt 25,13).

Ne pas savoir ? Où est vraiment le problème ? « Je sais en qui j’ai mis ma Foi » (2 Tim 1, 12). Je ne serai pas déçu.

Attendre ? Si c’est pour plus de vie dans l’Esprit, attendons ! Syméon « attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui » (Lc 2, 25).

Nous sommes des gens de l’Espérance. Notre foi englobe, assume ce que nous ne savons pas. Notre amour de Dieu nous maintient dans l’attente : « l’amour prend patience » (1 Co 13, 4). Cet entre-temps où nous sommes, ne voyant pas le Christ, sûrs de sa présence et de sa Venue ultime, c’est le temps de grâce, le temps de la prière et de l’amour.

« Lui, le Christ, vous l’aimez sans l’avoir vu ; en lui, sans le voir encore, vous mettez votre foi, vous exultez d’une joie inexprimable et remplie de gloire, car vous allez obtenir le salut des âmes qui est l’aboutissement de votre foi. » (1P 1, 9)

Père Patrick O’Mahony, curé