LE SALAIRE D’UN ACCUEIL (MT 10, 37-42)

« Être digne » de Jésus, trouver ou perdre sa vie, recevoir une récompense ou un salaire de prophète puis de juste et de disciple, toutes ces expressions sont propres à l’évangile et, particulièrement, à l’Évangile selon saint Matthieu. Elles amènent à se poser une série de questions.

Qu’est-ce qu’un prophète ? Un juste ?

Pourquoi est-il question d’un salaire ? Qu’est-ce qu’une récompense de prophète ? Puis, de juste ? Esquissons une réponse. Le propre d’un juste est de poser un acte de justice, c’est-à-dire rendre à quelqu’un ce qui lui est dû. Ainsi, celui qui fait bon accueil à un juste, reçoit un salaire de juste, ce qui peut être sa propre justification.

De même, un prophète d’Israël comme le prophète Elie porte la Parole de Dieu. Il est rempli d’Esprit Saint, l’Esprit d’Elie. À nouveau, celui qui reçoit un prophète dans sa maison bénéficie d’une « récompense de prophète », à savoir le bienfait d’une Parole de Dieu et de l’Esprit qui habite ce prophète.

Qu’en est-il des « petits », c’est-à-dire des disciples de Jésus accueillis dans des maisons et recevant un verre d’eau fraîche,  ce geste minimum d’hospitalité en pays chaud ? Celui qui donne un verre à ce « petit », c’est-à-dire à quelqu’un qui a été enfanté par Jésus, ne fait rien d’extraordinaire.

Ce geste ne lui coûte rien, car toute maison dispose d’un peu d’eau fraîche. Il n’agit pas d’abord par un geste de fraternité mais reconnaît le projet de Dieu à l’œuvre en offrant l’hospitalité à ce disciple. Ce faisant, il permet au projet de Dieu de s’inscrire dans l’histoire concrète d’un pays et d’une maison. Cette reconnaissance exprimée à travers un accueil et un verre d’eau mérite salaire.

Père Nicolas Delafon