Amour, Gloire et Beauté.

« Tu nous as dit, Seigneur, d’écouter ton Fils bien-aimé ; fais-nous trouver dans ta parole les vivres dont notre foi a besoin : et nous aurons le regard assez pur pour discerner ta gloire » (collecte du 2e dimanche de carême). Cette prière, dite par le prêtre juste après le Kyrie (en absence de Gloria) vient unifier l’ensemble des demandes du peuple chrétien en une seule. Avec cette collecte, qui reprend l’évangile de ce dimanche, où le Christ apparaît dans sa gloire lors de la Transfiguration, nous sommes invités à écouter le Christ, à travers qui, Dieu vient exprimer tout son amour pour l’Homme, un amour inconditionnel pour chacun de nous, personnellement. Et cet amour s’exprime tout particulièrement dans la Parole de Dieu. D’où l’importance pour le chrétien d’être familier des Écritures, en les étudiant, en les méditant, en les priant. C’est là que nous trouverons « les vivres dont notre foi a besoin » : parole de louange, de consolation, de pénitence, d’espérance, de miséricorde…

« Nous aurons alors le regard assez pur pour discerner la Gloire de Dieu », qui s’exprime de façon suréminente à Pâques. C’est d’ailleurs pour cette raison que pendant le carême, nous ne chantons pas Alléluia, qui signifie « louez Dieu », chant de joie et de triomphe qui célèbre le mieux la Résurrection du Christ. Nous le réservons pour le jour de Pâques, où nous aurons la joie de redécouvrir et contempler la Gloire de Dieu qui s’exprime dans cette victoire éclatante de la Vie sur la mort, de l’amour sur la haine. Mais déjà, pendant ce carême, nous pouvons discerner la Gloire de Dieu, par un regard purifié, avec l’aide de la prière, du jeûne et de l’aumône. À travers ces actes, le Seigneur déploie sa présence lorsque nous les vivons pleinement, non pas en cherchant à satisfaire notre conscience, mais en s’y donnant avec joie, sans attendre d’autres récompenses que celle de travailler à la Gloire de Dieu. À la lumière de la Parole de Dieu, le carême est le temps privilégié, pour le chrétien, pour se séparer de ce qui l’éloigne de Dieu, des chaînes qui restent encore à délier, de reconsidérer ses « Isaac » (les dons de Dieu que nous avons transformé en dus, ou que nous imaginons provenir de nos propres mérites). Le Pape François rappelait aux servants d’autel que « La gloire de Dieu est l’aiguille de la boussole de notre conscience. Et dans ce chemin, à la suite des saints, sur cette route de sainteté, il n’y a pas de place pour les paresseux ».

Amour de Dieu, Gloire de Dieu, et donc beauté de l’homme ! Comme disait Irénée : « la Gloire de Dieu c’est l’homme debout, vivant ». Il serait dommage de tomber, comme certains, dans cette peur de la mort qui se transforme en peur de vivre ! Interrogeons-nous comme les disciples redescendant de la montagne sur ce que veut dire « Ressuscité d’entre les morts », ce que cela implique dans notre vie, concrètement.

Abbé Bruno de Mas Latrie, vicaire