UNE ANNÉE SAINT JOSEPH : JOSEPH LE RÊVEUR

Pour l’année 2021-2022, le pape François a voulu pour l’Église une année dédiée à Saint Joseph. Cette volonté tient à la place que revêt à ses yeux Joseph, l’époux de Marie et ce père pour Jésus.

En 2013, le St Père a signifié cette place en demandant que le nom de Joseph soit mentionné dans les prières eucharistiques II, III et IV.

Mardi prochain débutent les Mardis de la Parole, non avec saint Joseph mais avec Joseph, fils de Jacob. Qu’y a-t-il de commun entre ces deux figures ? Tout d’abord, un même nom qui les inscrit dans un peuple, le peuple juif. Yosef, en hébreu, signifie “Dieu ajoutera”. Il vient du verbe hébreu yacaph qui a le sens “d’augmenter” ou “d’accroître”.

En mettant au monde Joseph, Rachel, stérile puis féconde, déclare en forme d’espérance : « Dieu ajoutera un autre fils » (Gn 30, 24). Cette espérance donne son nom à Joseph. Cet autre fils, ce sera Benjamin, qui naît en Gn 35. Rachel meurt en lui donnant naissance. L’histoire de Joseph est pleine de rebondissements et de péripéties. Comme saint Joseph, il est père de deux fils, Manassé et Éphraïm. Le Livre de la Genèse s’achève avec sa mort en Égypte. Avant cela, il est l’homme aux songes. Ses premiers songes à 17 ans provoquent la haine de ses frères. À leurs yeux, il n’est pas une figure idéale mais un adolescent insupportable. Puis, une fois en Égypte, il devient l’interprète des songes de Pharaon (cf. Gn 41) et de ses officiers (cf. Gn 40). Selon eux, il est l’homme intelligent et sage sur qui repose « l’Esprit du Seigneur » (Gn 41, 38). Il a reçu cet esprit pour voir et interpréter. Dans l’Évangile selon saint Matthieu, saint Joseph est aussi l’homme aux songes. Il se laisse guider par eux en vue de veiller sur Jésus et sa Mère. Il est, en outre, le juste comme Joseph, fils de Jacob surnommé dans la tradition juive “Joseph le juste”, en hebreu “Yosef Ha-Tzadiq”. La suite, mardi soir avec les Mardis de la Parole

P. Nicolas Delafon

Illustration : Jacob bénissant le fils de Joseph (Rembrandt)