Que veux-tu que je fasse pour toi ?

Bartimée est sympathique. Dans l’Evangile d’aujourd’hui, Bartimée, mendiant aveugle, est assis au bord du chemin. Quand il comprend que Jésus s’approche sur ce chemin, avec ses disciples et beaucoup de monde, il crie si fort qu’il obtient de lui parler. De manière très surprenante, le Christ ne le guérit pas aussitôt, mais lui pose une question étonnante, déroutante et en fait magnifique : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ».

Bartimée nous est sympathique parce que nous lui ressemblons un peu …Il y a quelque chose de Bartimée en nous.

Evidemment, Jésus sait bien que Bartimée aveugle n’a qu’un souhait : voir ! Mais s’il lui demande ce qu’il veut, c’est pour l’inviter à exprimer son vrai désir.

A travers Bartimée, c’est à chacun de nous que Jésus s’adresse. Quel que soit le degré de notre humilité, nous savons que nos connaissances sont lacunaires, que nos convictions peuvent parfois faiblir, que notre cœur n’est pas à l’abri d’atermoiements, que notre âme pourrait être nourrie davantage… Et dans notre monde complexe par bien des aspects, il n’est pas si facile d’y voir clair ; le désarroi guette beaucoup d’entre nous lorsque la vie semble manquer de sens, le découragement, le désespoir touchent tant de personnes vivant comme des « brebis sans berger » (Mc 6,34).

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? ».Jésus ne s’impose jamais ; respectant totalement notre liberté, il nous invite à identifier, dans la vérité, ce qui nous fait vivre, ce qui compte pour nous, quelle est notre vocation. Alors nos désirs les plus profonds pourront rejoindre le désir de Dieu pour nous et devenir ainsi chemin de vie. N’ayons donc pas peur de demander à Jésus, comme Bartimée, de recevoir sa lumière :

« Confiance, lève-toi, il t’appelle »

Oui, Bartimée, désormais marche debout sur le chemin, avec Jésus, dans la lumière !

 

Xavier Riffaud, diacre