3 février – 4e dimanche du temps ordinaire

Lettre ouverte pour temps troublés

C’était avant les réseaux sociaux sur le net, c’était même avant les premières publications de saint François de Sales qui ont fait de lui le patron des journalistes : c’était il y a 2000 ans, son auteur s’appelait Paul.

L’Eglise nous donne de lire aujourd’hui une lettre de saint Paul aux habitants de Corinthe. Y avait-il des ronds-points aux abords de la ville? Peut-être ; il y avait des débats entre les membres de la cité, c’est certain.

Dans cette région du monde où sont nés les principes qui ont fondé notre civilisation, et singulièrement notre vie politique, Paul interpellait vigoureusement les chrétiens… « Si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. » (1 Co, 13-1). En termes actuels, je ne fais que du bruit, le buzz…

Il ne s’agit pas ici de comparer deux contextes très différents – la Grèce antique et la France du XXIème siècle ; mais bien de mettre en relief le caractère intemporel du message chrétien. Paul d’une certaine façon remet l’église au milieu du village.

La période présente est la résultante autant des bienfaits apparents que des échecs patents des décennies passées. Au cœur d’une réalité qui se présente comme complexe, difficile à appréhender, il est bon d’entendre Paul rappeler ce qui est essentiel, distinguer ce qui est proprement fondamental de ce qui relève de la légitime controverse.

Quel peut être le socle solide du vivre ensemble ? S’il manque aux habitants de la cité, comme à tout un peuple, le principe de la charité, les lendemains risquent fort de décevoir.

Les temps troublés sont propices aux remises en cause des habitudes, à l’émergence de voies nouvelles fondées sur des principes intangibles.

Et lorsque l’on reçoit une lettre, il convient d’y répondre, n’est-ce pas ?

Rendons grâce à Dieu pour la magnifique réponse que donna le Père Gérard Bruneau, aumônier de l’hôpital Necker Enfants Malades : dévouement, humilité.

Xavier Riffaud, diacre.