3 juin 2018 – Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

As-tu fait ta première communion ?

La question est usuelle. Elle n’en est pas moins impropre. Réfléchissons deux secondes : la communion est-elle mienne ? Puis-je la « faire » ?

La communion n’est pas mienne. Ce n’est pas une chose que j’ai en propriété, disponible pour mon usage. La communion, c’est la manière de vivre de la Tri-unité du Père, du Fils et de l’Esprit Saint. La communion, c’est le nom de la vie divine subsistant dans l’unité dynamique de l’amour échangé. La communion, aucun humain ne la possède. Nul ne peut la dire sienne. La communion se propage de la Trinité vers nous, dans l’énergie communicative de l’Esprit Saint.

Puis-je donc « faire », moi, cette communion ? Bien évidemment non ! Elle n’est pas de l’ordre d’une fabrication ! Je n’ai aucun moyen de la produire par moi-même. Ni le concept, ni la technique, ni la force, ni rien de ce qui permet à l’homme de « faire » n’est ici de mise. Les choses que je fais n’étaient pas jusqu’à ce que je les fasse. Les actions que je fais ne subsistent que le temps de les faire. La communion, la Vie, la Tri-unité de l’Amour éternel ne surgit pas d’un « faire » qui dépend de moi ! Elle subsiste éternellement dans un acte présent, jamais épuisé, toujours actuel, actif.

À quiconque me demanderait : « As-tu fait ta première communion ? », je répondrai délibérément : « Non ! ». La communion n’est ni de moi, ni à moi, ni par moi.

« Alors que fais-tu quand tu communies à la messe ? »

Ce que je fais ? J’accueille. Je reçois. J’offre.  J’héberge en moi Celui qui contient tout. Je Lui remets, par mon offrande, tout ce qui, du monde, n’est pas tourné vers lui. Ainsi Il passe en moi et moi, un avec le monde entier, je passe en lui.

J’accueille et je reçois la grâce du Jour du Seigneur. J’accueille et je reçois le monde entier,  les membres de l’assemblée. J’accueille et je reçois la Parole du Seigneur. J’accueille et je reçois son Corps et son Sang, sacrement de la communion. Par ma participation à ce sacrement, je participe par pure grâce à la Vie. Ceux qui s’approchent en vérité, avec humilité,  de ce don, ceux-là voient la Vraie Lumière. Ils reçoivent l’Esprit Céleste. Ils ont trouvé la Foi véritable. Ils adorent l’indivisible Trinité qui les a sauvés ! Ils habitent la Louange !

Alors, oui, il me reste quelque chose à « faire ». Travailler à la paix et à l’unité. Exprimer par ma vie « en communion » cette « communion » reçue d’En-Haut. Renoncer à dire, faire, penser tout ce qui relève de la division. En somme, il me revient de devenir le don que je reçois.

Père Patrick O’Mahony, vicaire