Un bon plan…

Il est tout de même curieux que notre Père créateur se soit autant investi dans la question de l’union de l’homme et de la femme. Au moment où il met une dernière main à son œuvre, alors qu’on y compte déjà : jour et nuit, ciel et eau, terre et mers, végétaux et étoiles, soleil et lune, poissons et oiseaux, mammifères et insectes… C’est alors qu’il introduit l’homme dont il façonnera la femme à partir de son côté.

Mais ne voilà-t-il pas, cependant, que Dieu intervient plus avant en stipulant que ces deux-là se « ré-uniront » mais pas n’importe comment : l’homme quittera père et mère, pour s’attacher à sa femme et ceux-ci formeront une seule chair.

Alors que Dieu confie la création aux hommes pour qu’ils puissent y cultiver et récolter les fruits du jardin (un seul de ces arbres restant cependant réservé parce que détenant la connaissance du bien et du mal…), il ne parlera pas de choses par ailleurs importantes comme les lois et les règlements, le développement de l’industrie et du commerce, la justice et les systèmes de défense, la santé, la culture… Il ne précise qu’un seul conseil sur l’union durable du couple. Cette affaire laisse visiblement le reste dans une position subalterne. C’est donc bien le signe que cela intéresse notre Père créateur au plus haut point.

Pourquoi donc avoir mis le zoom exclusivement sur cette disposition conjugale ? Posons-nous la question du pourquoi… Et peut-être percevrons-nous que l’amour vient de Dieu. L’humanité est investie, par l’amour, d’un rôle procréateur contrairement aux autres créatures qui, elles, ne font que se reproduire.

On comprend mieux pourquoi dans l’Évangile de Marc (10, 2-16) de ce dimanche, Jésus répond aux pharisiens sans interprétation aucune. Il colle au texte et n’y apporte pas de plus-value.

C’est aussi la raison pour laquelle le mariage est le seul de nos sept sacrements qui soit administré par les époux eux-mêmes (certes, en présence d’un prêtre ou diacre qui reçoit les consentements). Et ce sacrement, tout comme les six autres, l’Église ne pourra le rompre.

Il nous incombe d’accueillir cette recommandation divine à la manière des petits enfants à qui l’ont dit qu’il ne faut pas traverser une route en courant, par exemple. C’est-à-dire dans la simplicité de la confiance.

Patrick Decléty, diacre