« I have a dream that one day »

Jeudi 8 novembre, jour important pour moi, mais aussi pour tous les parisiens. C’est la Toussaint de notre diocèse : Sainte Geneviève, Saint Denys, Sainte Louise de Marcillac, Saint Vincent de Paul, Sainte Catherine Labouré, Bienheureux Frédéric Ozanam…. Que des parisiens. Que des noms qui ont fait Paris, des noms qui ont répandu et vécu l’Évangile dans nos quartiers. Une foule immense qui nous précède, une foule qui ne se limite pas à ceux qui ont leur nom dans les calendriers ou leur statue dans les églises, parmi eux, il faut compter aussi ceux de nos paroisses qui œuvrent chaque jour, parfois dans la discrétion la plus totale. Comme prêtre, je ne peux que m’émerveiller. Et j’aimerais vous partager cette joie. Vivez le 8 novembre, comme une fête particulière pour vous, comme une invitation à rejoindre ce défilé joyeux, sanctifié et sanctifiant. Cessons de croire que la sainteté est un luxe destiné à une élite, une sorte de jetset pour personne héroïque. Elle est notre vocation première, celle de tout baptisé. Ne passons pas à côté de ce bonheur, de cette joie de la sainteté.

Il est vrai que quand on parle de sainteté, on a toujours en tête une figure sur un vitrail, d’un être sans défaillance, sans péchés, presque irréel, inaccessible. Et cela peut être vraiment décourageant. Mais au ciel, on ne nous demandera pas : « est-ce que tu as été comme Saint Vincent de Paul ou Sainte Mère Teresa », mais plutôt « est ce que tu as été un saint homme ? Une sainte femme ? ». Il existe alors autant de chemin de sainteté que de personne. Tout simplement, parce que chaque saint illustre de façon personnelle une facette de la sainteté de Dieu. Il ne s’agit pas de se convaincre d’une doctrine ou de réaliser des œuvres caritatives en masse, mais tout simplement d’aimer Dieu, parce qu’il nous a aimé le premier.

Je fais le rêve qu’un jour nous puissions rajouter dans cette longue litanie des saints du diocèse, le prénom de l’un d’entre nous, et même de chacun d’entre nous. La sainteté présuppose le refus d’une vie médiocre, le refus d’une vie faite de compromission, c’est ce qui faisait dire au jeune Dominique Savio : « J’éprouve le désir et le besoin d’être un saint et je serai malheureux tant que je ne le serai pas ».

Père Bruno de Mas Latrie, vicaire