La parabole du chapitre 21 de l’Évangile de Matthieu, que nous entendons ce dimanche, pourrait nous tromper si nous en restions à la trahison des vignerons envers leur maître. De fait, ce récit décrit bien l’ingratitude mais davantage la cupidité de fermiers qui, pourtant, devaient tout à leur propriétaire. Cette attitude les conduit jusqu’à mettre à mort le fils de leur patron en escomptant récupérer la propriété. Le rapprochement avec l’histoire du peuple élu est évident…

Après avoir écouté cette parabole, les grands prêtres et les anciens portent une sentence sans appel : « Ces misérables, il les fera périr misérablement ! ».

Si ce récit dénonce nettement l’attitude des dirigeants du peuple juif vis-à-vis de Dieu, des prophètes et finalement, du Christ lui-même, l’intervention de Jésus n’en est pourtant pas moins prophétique et visionnaire pour nous : la pierre rejetée par les bâtisseurs deviendra pierre d’angle… Il en est ainsi parce que le Seigneur l’a voulu… Et d’ajouter que le royaume de Dieu échoira à une autre nation qui, elle, « fera porter ses fruits à la vigne ».

La parabole nous fait donc bientôt passer d’un potentiel châtiment à un enseignement sur un avenir merveilleux et conforme au plan de Dieu. Il paraît donc vain, ici, de châtier des coupables mais bien plus indiqué de regarder à quoi notre Père créateur nous destine.

Patrick Decléty, diacre