Nouveau changement de rythme : les écoles renvoient leurs élèves après les avoir chichement réintégrés. Pour toute une société, difficile de tenir en selle avec ces cadences irrégulières et alternées : la roue du vélo est voilée.

                Nouveau mot d’ordre social, indéfiniment suggéré ou martelé : consommez ! Consommez ! De toute urgence : consommez ! Achetez, dépensez, videz vos poches sans compter ! Mais on compte sur vous pour rester prudents. Protégez-vous, « il » peut revenir !

                Où irons-nous cet été ? Chers administrés, au grand air de nos campagnes et de nos montagnes, de nos littoraux et de nos canaux, vite allez louer hôtels, gîtes et bateaux ! Mais surtout, surtout, masque sur le nez, circulez là où le virus ne circule pas. Dépistez-le, soyez dépistés, tout est là.

Où aller cet été ?

Quant à nous, chrétiens, allons respirer à pleins poumons, sans protection, l’air du Ciel ! On y inspire des molécules inconnues, on s’y charge l’organisme intérieur de deux puissants micro-organismes ignorés des laboratoires, échappant aux tests, évadés du cœur de Dieu, régénérateurs d’un monde en dégénérescence.

                Du Ciel sort le virus de l’avenir : la joie. Du Ciel découle une contagion urgemment attendue : la foi. L’Esprit Saint aéroporte admirablement ces deux contaminations. Là où Il souffle, c’est l’hécatombe ! Finie la morosité, occise la frilosité, à terre l’incrédulité, ensevelie la méfiance, anéantie l’autoprotection.

Ce virus et cette contagion nous propulsent les uns vers les autres, nous inspirent de nous rapprocher, de nous faire le prochain de l’autre. Cet air du Ciel contaminé d’Amour nous inspire la charité qui donne sans compter, dépensière en toute gratuité, dilapidant tout sans rien user, sans rien épuiser, sans rien polluer, sans déchet à recycler !

                    Vite, vite, « allons consommer du vin et du lait, sans rien payer, gratuitement », comme dit Isaïe « allons à la table du Seigneur », allons habiter Sa maison, posons-nous sur ses verts pâturages : partout où vit un humain, là habite le Ciel, là peut vivre la prière, là peut être écoutée et annoncée la Parole de Vie, là peut circuler la charité, là peut souffler l’Esprit de Vie.

Cet été, allons en humanité !

Père Patrick O’Mahony, curé