Unité !

Nous en avions tous besoin ! Changer de rythme et de braquet, laisser filer la charge mentale, nous abstraire de la pression politique, sanitaire, économique, sécuritaire, et même ecclésiale. C’était devenu urgent, en tout cas pour moi.

Le monde n’a pas changé pendant les vacances. Incendies monstres, ouragans, meurtre du père Maire, règlements de compte meurtriers à répétition, catastrophe sanitaire aux Antilles, chute de Kaboul. Le monde n’a pas changé. Les médailles d’or, d’argent ou de bronze ne changent rien. Messi n’est pas le Messie.

Avons-nous changé? Notre cœur s’est-il apaisé ? Avons-nous rechargé notre âme par la prière ? Notre foi, notre espérance sont-elles plus fermes ? Sommes-nous décidés à aimer comme le Christ nous le montre et nous le demande ? Quoi de neuf pour nous au terme des vacances ?

Le monde changera si le cœur des hommes change. Le cœur des hommes changera si certains hommes choisissent  l’unité. Pas une unité  partisane pour contrer un parti rival. Cette unité-là, celle qui manifeste en « anti-tout », masque des divisions latentes prêtes à tout ruiner quand « l’ennemi » ne fédère plus ses opposants.

Nous savons que l’année va nous offrir le spectacle de la rivalité maximale pour la conquête d’un siège et d’un pouvoir temporel et  temporaire. Les divisions, les oppositions, les flatteries, les flagorneries, les séductions vont déferler sous nos yeux. Tous les ambitieux conquérants dudit  siège parlent d’unir leurs troupes pour garantir leur conquête. On sait ce que durent ces unités-là.

L’unité qui révolutionnera le monde est celle donnée par le Christ sauveur. Unité de miséricorde. Unité de réconciliation et d’alliance. Unité dans l’Esprit Saint, qui harmonise les diversités. Unité qui chasse la haine, la discorde, la rivalité. Unité de charité introuvable ici-bas en-dehors de la fraternité donnée d’En-Haut  par l’unique Père de tous. Donnée pour être accueillie, choisie, diffusée par des cœurs humains.

L’unité divine, issue de la Trinité, peut contaminer l’humanité.

Il faut un cas zéro. Nous l’avons : Jésus.

Les cas contact sont ses parents : Joseph et Marie, puis ses douze amis, qui se sont mêlés à des foules. Le virus a gagné l’empire romain, l’Amérique, l’Afrique, l’Asie, l’Océanie. Certains en ont très peur : le vaccin le plus répandu, le plus consommé, c’est l’apostasie. Ses adjuvants sont l’indifférence, le matérialisme, le ritualisme, le légalisme, le formalisme, la superficialité, la bêtise, l’abrutissement général via les réseaux sociaux, le laïcisme, liste non close. Mais ce virus-là est tenace.  Son code génétique est divin. Il mute sans arrêt tout en restant lui-même : il s’incarne. Rien ne peut lui résister : il est communiqué par le souffle de l’Esprit Saint sur qui le masque FFP2 ne tient pas.

Je rêve que notre paroisse soit un cluster du virus de l’unité.

                   Père Patrick O’Mahony, curé.