LE FILET DE LA DERNIERE CHANCE…

Relancer le filet ? À quoi bon ? On a déjà donné. D’ailleurs, on en a assez, on est lassé… Combien de fois sommes-nous confrontés à ce dilemme ?

Suivre le Christ quand il nous enjoint de nous montrer plus charitables. Plus ouverts. Prêts à le suivre tout simplement.

À vrai dire, on ne sait plus très bien.

–       Retenir sa langue quand on prononce des paroles blessantes envers un absent qui ne peut même pas se défendre.

–       Jalouser en son for intérieur, les avoirs d’untel qui a réussi.

–       Envier cette relation gratifiante avec ce tiers si brillant.

–       Calculer son intérêt pour le privilégier dans l’entreprise qui m’emploie.

–       Différer sa réponse quand la communauté attend mes services.

En tout, nous sommes vulnérables aux tentations et bientôt complices sans nous l’avouer. Et pourtant, le Seigneur passe. Il s’assied même pour nous enseigner et nous interpeller :

« Et toi, là-bas ! Que fais-tu ? Bouge-toi un peu… Ne reste pas dans ta médiocrité. Avance un peu au-delà de ce que tu sais faire. Regarde au-delà de l’horizon de ton nez… »

« Mais Maître, j’ai déjà essayé ; ça ne marche pas. Toutes les fois où j’ai pris de bonnes résolutions, les autres m’ont reconduit à ce que je pouvais seulement faire : retomber dans mon péché. À quoi bon retenter et pourquoi te suivre ? ». 

Et si cette fois était la bonne ? Si on était sur les bords du lac et que, tout pêcheur qu’on soit, on tente le coup. Sur la parole du Christ, oser le suivre…

Cet ultime coup de filet pourrait être le bon. Celui qui rapporte gros. Tellement gros qu’une abondance de grâces pourrait remplir ma vie à en faire exploser ma vision et à enfoncer ma propre barque.

Sur ta parole, Seigneur, je vais le faire. Et j’abandonnerai mes calculs d’antan, mes caprices et mes bonnes raisons de me justifier.

Comme le dit saint Paul aux Corinthiens : « à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi. » (1 Co 15, 10)

Vendredi prochain, nous fêterons Notre-Dame de Lourdes. Quand sa conception immaculée a été attestée par la Vierge Marie elle-même. L’Immaculée Conception c’est l’affirmation de la défaite du mal, du péché et de la mort.

Alors, on y va ?

Patrick Decléty, diacre