ARDOR

L’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne. Que vous ayez déjà entendu cette citation du Concile Vatican II ou jamais, peu importe, l’Eucharistie dans nos vies n’est ni facultative, ni un détail de notre foi, ni un bonus dans notre vie spirituelle. C’est le cœur sans lequel notre vie tombe en ruine.

Se rendre compte que la messe n’est pas un ritualisme, ni une sorte de cérémonie pour se remémorer un événement du passé, où je recherche des sensations, avec une belle assemblée, de beaux chants, un prêtre qui parle éventuellement bien. Il serait dommage de transformer la messe en spectacle qui vient apporter du sensationnel. La messe est ce moment où Dieu se donne réellement et de façon certaine à chacun de nous. La fête du Saint Sacrement est un vibrant appel à approfondir le sens de l’Eucharistie et sa place dans notre vie. Profitons de cette solennité pour renouveler notre regard, notre compréhension, mais aussi notre émerveillement devant ce grand mystère de la Foi. Et pour cela, j’aimerais vous transmettre ce que j’ai appris le jour de ma première communion et que je continue à faire, sur le principe de l’acrostiche : ARDOR, qui signifie « ardeur » en latin. Cet acrostiche s’appuie sur 5 mots et permet d’entrer dans une magnifique prière d’action de grâce après la communion,

A comme Adoration. Tout d’abord, prendre conscience que le Christ est réellement présent en moi, réalisant par-là, la grandeur et la magnificence de Dieu, qui me rejoint dans ma petitesse et qui vient me remplir tout entier de sa présence, m’envelopper de son amour, de sa paix et de sa force.

R comme remerciement. Il est toujours important de se rappeler que l’Eucharistie n’est pas un dû mais un véritable don gratuit du Christ. Et donc c’est l’occasion aussi de faire mémoire de ma semaine pour voir tous ces moments où Dieu est intervenu dans ma vie, en commençant par le fait qu’il m’a donné ces jours à vivre pour l’aimer et me laisser aimer par lui.

D comme demande. Fort de sa présence en moi et rempli de confiance, je peux alors lui demander telle ou telle grâce, telle lumière, lui confier telle personne ou telle intention.

O comme offrande. Si le Christ s’offre à moi tout entier dans l’Eucharistie, il est bon de se demander alors comment je réponds à cette offrande, et ce que je peux offrir au Christ : ma vie, mes joies, mes peines, mes difficultés, mes projets, ce qui m’empêche de demeurer avec lui.

R comme résolution. Nous pouvons alors choisir un point concret à améliorer ou convertir pour la semaine pour mieux vivre dans l’amour de Dieu et du prochain. C’est ainsi que communion après communion, nous apprenons à nous laisser transformer par le Christ. Chaque fois que nous communions, nous ressemblons davantage à Jésus, nous nous transformons davantage en Jésus. Je dirais même plus : laissons-nous transsubstantier en Christ. Et nous pourrons alors dire comme saint Paul : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi ».

Abbé Bruno de Mas Latrie, vicaire