7 octobre – 27e dimanche du temps ordinaire

« Laisser venir à moi les petits enfants »

L’évangile de ce dimanche nous fait entendre à nouveau cette parole du Christ inscrite sur la fresque du chœur de notre église. C’est elle qui inspira saint Jean-Baptiste de la Salle dans son œuvre éducative et qui, plus près de nous, guida Maria Montessori dans la découverte de sa méthode pédagogique. Sans doute peut-elle être encore une lumière pour nous dans nos tâches d’éducateurs : il s’agit de laisser les enfants venir à Jésus, sans les en empêcher, c’est-à-dire en respectant et accompagnant l’œuvre propre que Dieu accomplit en eux. Non pas les conduire à ce que nous voulons pour eux, même si cela nous semble le meilleur, mais les guider sur l’itinéraire unique qui associe chacun peu à peu à la vie du Christ, le seul maître. Ceci n’est pas propre à l’éducation ‘religieuse’ mais implique une éducation intégrale, visant à la promotion d’un être libre car instruit et libéré par le Christ. L’éducation ne va donc pas de l’extérieur vers l’intérieur (cela serait du dressage et « empêcherait » les enfants de venir à Jésus) mais de l’intérieur vers l’extérieur en favorisant le développement des dons de Dieu propres à chacun et ainsi la croissance de leur liberté.

Il est frappant de constater que cet enseignement sur l’enfance suit immédiatement le rappel par Jésus de l’indissolubilité de l’union de l’homme et de la femme. Ceci est très cohérent : en effet, l’enfant vient de l’amour de Dieu à travers l’union de ses parents. Il est donc vital pour sa croissance que cette union demeure présente comme image vivante de l’amour de Dieu. Le nécessaire besoin que l’homme et la femme ont l’un de l’autre pour procréer, préserve en effet quiconque de se revendiquer possesseur de l’enfant, et maintient ouvert le renvoi à une origine plus haute, la vie donnée par Dieu qui a voulu chaque enfant pour lui-même. On sait comment la séparation des parents est une véritable épreuve de la foi pour un enfant, risquant de l’empêcher de venir au Christ car mettant en péril sa confiance en l’amour de Dieu pour lui.

Dans cette perspective, on comprend les craintes suscitées par le projet d’une PMA pour toutes et, bientôt, pour tous… ! Car alors, l’image de Dieu ne risque pas seulement d’être blessée à travers les vicissitudes d’une vie de couple, mais est d’emblée occultée dès lors que l’altérité sexuelle est absente, ouvrant la voie à une main mise sur l’enfant de la part d’un unique sexe et lui barrant le chemin vers son origine divine.

Que la sagesse que nous acquise le Christ nous aide à rendre paisiblement raison de cette vérité si ancienne et pourtant si nouvelle !

Père Antoine Vidalin, vicaire