Je m’inquiète !

Oui je m’inquiète de toutes ces personnes que je rencontre depuis quelques temps, qui sont déprimées, voire désespérées, de ces personnes qui appréhendent ce deuxième confinement, encore marquées par la dureté du premier.

Je m’inquiète de tous les drames psycho-sociaux en puissance que cela engendre

Je m’inquiète de toutes ces règles, qui certes préservent en partie la santé physique, mais qui en oublient la santé psychique de l’être humain, et je ne vous parle pas de celles qui vont à l’encontre de la santé spirituelle.

Je m’inquiète pour la santé de ces 577 députés enfermés dans un hémicycle pendant plus de 3h, alors même qu’il est interdit à 7 personnes de se réunir dans une église aussi grande que notre Assemblée Nationale.

Je m’inquiète de ces personnes en précarité, plongées dans le désarroi ; de ces personnes âgées qui n’auront plus la possibilité d’être visitées ; de ces familles endeuillées qui ne peuvent se réunir ; de ces professionnels dont la vie se résume à  métro-boulot-dodo ; de ces ados murés dans des appartements, rivés sur leurs écrans ; de ce monde virtuel désincarné qu’un « Conseil » nous impose ; de ces enfants de 6 ans que l’on oblige à porter un masque, alors même qu’ils découvrent l’importance de la vie en communauté et de l’interaction … et la liste n’est malheureusement pas exhaustive, car elle se nourrit aussi de toutes vos inquiétudes, vos difficultés, vos doutes, vos peurs…

Il y en a bien des raisons de s’inquiéter, de déprimer, de désespérer. Et je dois reconnaitre humblement que c’est ma première tentation. Mais s’il y a une chose qui reste ancrée en moi, c’est cette promesse du Christ : « Je suis avec vous tous les jours » (Mt 28,29). Voilà mon assurance, voilà ma joie que rien ne doit ébranler!

C’est pourquoi, cette inquiétude, plutôt que de nous éteindre, doit faire brûler en nous ce désir de changer les choses, ce désir de ne pas se laisser avoir, de ne pas subir ni vivre les choses comme pendant le premier confinement. Ne nous laissons pas voler notre joie et soyons inventifs ! Tout doit être mis en œuvre pour favoriser la communion qui doit se construire et se vivre, comme nous le rappelle le Pape François dans sa dernière encyclique. Alors redoublons de bienveillance et d’attention les uns envers les autres, rivalisons de charité fraternelle, témoignons de cette joie profonde, de cette certitude d’être sauvé, aimé et soutenu dans ces épreuves par Celui qui a donné sa vie pour nous et qui continue de le faire chaque jour. Non  rien, ni la mort, ni la vie, ni la pandémie, ni les confinements, ni les masques, ni les attestations, RIEN ne pourra nous séparer de l’Amour du Christ !

Abbé Bruno de Mas Latrie, vicaire