PRIER COMME DES MALADES

L’autre soir, alors que je recevais des fiancés en entretien, la fiancée me fait part de sa difficulté à prier devant l’absence de guérison de son papa qui vient de mourir brutalement d’une leucémie alors que quinze ans auparavant il avait survécu à une autre maladie grave après une mobilisation familiale forte pour demander sa guérison. « Cette fois, on a encore prié comme des malades ! Et rien n’est venu »…

Que dire face à cette souffrance réelle et ce désarroi compréhensible ? Que faire lorsque l’on prend conscience que son organisme ne va pas pouvoir surmonter les attaques du mal ?

Il est vrai que notre nature nous a forgé un esprit « allant » : quand on tombe, on se relève. Après la maladie, viendra la convalescence ; un délai suffira et on repartira (cf. l’ordonnance du médecin). Certes, la jeunesse aide à repartir aisément mais même quand on est vieux, il suffit d’être un peu patient et on repart, j’allais dire, comme si de rien n’était.

Or, voilà qu’un jour la donne change et qu’il faut envisager ce départ redouté. C’est là précisément qu’intervient la foi et que chacun peut découvrir qu’il a un rôle à jouer.

Mais quelle est cette mission du malade ? Que peut-on faire, quand on est victime et souffrant ?

Ce dimanche, dans l’Évangile de Matthieu (5, 13-16), le Christ nous donne une voie : nous sommes « la lumière du monde » et cette lumière ne nous est pas accordée pour qu’elle soit occultée. C’est sans doute là que le malade a sa carte à jouer. Au moment où il entre dans l’épreuve, on a besoin de lui. Car sa prière intense, sa demande de guérison va nous montrer sa foi. Celle qui sauve !

En cela, le malade devient missionnaire à son tour.

Comme il faut prier pour les missionnaires, alors prions aussi pour nos malades. Prions avec ceux qui reçoivent ce sacrement qui leur est dédié spécialement au cours de la messe dominicale. Prions avec tous ceux qui sont cloués chez eux ou dans les hôpitaux. Prions tous ensemble « comme des malades », d’un même cœur. Et nous serons sauvés.                             

Patrick Decléty, diacre.