2 avril 2017 – 5ème dimanche de Carême

L’amour est plus fort que la mort.

Le temps du carême approche de sa fin avec l’incroyable épisode de la résurrection de Lazare (Jean 11, 1-45). Parlons plutôt de réveil, puisque Lazare devra de nouveau mourir pour avoir part à la vie éternelle.

Alors, dans ces conditions, pourquoi Jésus prend-il le risque de se faire lapider en retournant à Béthanie ? Pourquoi prend-il le risque d’exciter un peu plus tous ceux qui lui sont hostiles en faisant ce miracle particulièrement dérangeant ? Il l’explique en disant à ses disciples que c’est « à cause de vous, pour que vous croyiez ».

Dès l’introduction de cette péricope évangélique, Jésus annonce que l’issue de la maladie de son ami Lazare ce ne sera pas la mort, mais la gloire de Dieu !

« Vous saurez que je suis le Seigneur » (Ézéchiel 37, 12-14).

Et pourtant, sous la plume de Saint Jean, Jésus apparaît dans sa plus complète humanité. Ce qui domine c’est son émotion sincère face à la mort de son ami Lazare, c’est son émotion profonde face à la douleur de Marthe et de Marie. Il pleure ! Et ceux qui sont présents le reconnaissent : « Voyez comme il l’aimait ! ». Or, quand on aime, qu’y a-t-il de plus terrifiant, de plus dramatique que la mort de l’être aimé ?

Au moment où survient la mort, deux attitudes se font face. Marie symbolise l’humanité abattue par la séparation. Marthe, bien qu’un peu sceptique, représente le peuple des croyants : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu. ». Elle sait, au plus profond de son cœur, que « près du Seigneur est l’amour » (psaume 129). Cet amour, pétri d’humanité, révèle sa toute-puissance : « Lazare, viens dehors ! ». La parole de Jésus est agissante. Le mort se relève. L’amour est plus fort que la mort. Ensuite, pour que Lazare ressuscite définitivement, Jésus va accepter de passer par le supplice de la croix.

Aimer, c’est choisir de donner sa vie pour les autres, « pour la multitude », dira Jésus.

Le miracle du réveil  de Lazare nous dit que Dieu veut la vie en plénitude pour tous les hommes. Bien plus que d’être ramenés à la vie terrestre, nous ressusciteront à la suite du Christ, car « celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, donnera aussi la vie à nos pauvres corps mortels. » (Romains 8, 8-11).

Père Didier Le Riche, vicaire