22 janvier 2017 – 3e dimanche du temps ordinaire

La bonne année

Après Noël, le nouvel An et l’Épiphanie, nous sommes repassés au temps ordinaire (ce qui veut dire le temps ordonné) et ce, alors que les jours ne rallongent pas plus que cela et que l’hiver doit encore nous gratifier de ses rigueurs. C’est alors que nous ne manquons pas au long de ce mois, de nous souhaiter une bonne année.

Pour ceux que 2016 a pénalisé d’un évènement dur : une dispute profonde, un revers professionnel, l’entrée dans une maladie grave, une rupture voire un décès, le schéma est simple. Il s’agit d’envisager un mieux.

Pour ceux à qui la vie a l’air de sourire, on invoquera la pérennité de ces faveurs : succès des enfants dans les études, famille équilibrée, retraite sereine, santé de fer… C’est de bon goût.

Nos vœux enfreindraient-ils notre foi ? Seraient-ils la résurgence d’un fond païen ancré en nous ?

En effet, si nous pouvions nous propulser aujourd’hui au bord de la mer de Galilée et que nous ayons la chance de croiser Jésus marchant sur la rive, nous pourrions engager un échange avec Lui. Cela pourrait donner quelque chose comme : « Pourvu que 2017 nous apporte un bon président. Il faudrait que la croissance reparte. Que la paix soit rétablie chez nous et surtout dans les zones de combat… ».

Et si Jésus nous répondait tout de go : « Convertissez-vous, car ce royaume auquel vous aspirez en réalité, c’est-à-dire celui des Cieux, il est à votre portée ». Et si Il allait même jusqu’à nous appeler à Le suivre… Ce serait sa manière de nous souhaiter une bonne année :

  • Toi la veuve éprouvée, toi qui fais face au cancer, toi dont les enfants te déçoivent.
  • Et toi dont les affaires prospèrent, toi qui jouis de biens confortables, toi qui n’a pas de souci.

Il nous appellerait de cette manière ; dans la situation dans laquelle nous sommes.

En réalité, tous, nous L’entendons déjà par cette parole divine rapportée par Matthieu au chapitre IV. C’est ainsi que la foi, l’espérance et le salut passent par la vérité de nos actes et par notre confiance en notre Dieu. Car c’est Lui qui rendra notre année « bonne », dans le malheur comme dans le bonheur.

               Patrick Decléty, diacre