6 novembre 2016 – 32e dimanche du temps ordinaire (année C)

Oui, nous nous reverrons.

Dans notre Credo, nous parlons de l’univers créé par Dieu, à la fois visible et invisible. Un peu plus loin, nous affirmons que Jésus Christ reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts. Et plus loin encore, que nous attendons la résurrection des morts.

Ces déclarations, qu’il ne faudrait pas dissocier du reste du « Je crois en Dieu », nous sont plus familières que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen dont nous sommes incapables de réciter ne serait-ce que les titres des 17 articles. Et pourtant l’univers invisible, le jugement des morts et la résurrection de la chair resurgissent régulièrement dans nos attentes comme si nous manquions de visibilité sur ce champ.

Après avoir goûté à la communion des Saints pendant la Toussaint, nous avons pu prier plus spécifiquement pour nos morts avec lesquels nous restons en lien aussi. L’Église est mandatée pour protéger les veuves et les orphelins et elle s’emploie à temps et à contre temps, à venir au secours de ceux qui souffrent du vide causé par la fin terrestre. Notre paroisse est constituée aussi par des femmes et des hommes qui souffrent durement de la séparation…

Dimanche, l’Évangile de Luc rapporte ce que le Christ dit aux sadducéens à propos de l’au-delà et de nos liens terrestres transposés après la mort : Les vivants de la résurrection n’auront plus à prendre femme ou mari car, enfants de Dieu, semblables aux anges, ils vivront pour Dieu.

Nous vivrons là-haut, dans une situation optimale – on pourrait dire « maritale » – rassemblés dans l’amour divin. Nos liens terrestres seront métamorphosés. Saint Paul dit : « Que le Seigneur conduise vos cœurs dans l’amour de Dieu et l’endurance du Christ » (Th 2, 16 à 3, 5.). Voilà de quoi nous conforter. Car, baptisés dans le Christ, il n’y a déjà plus « ni homme ni femme » mais c’est « un dans le Christ » que nous sommes. Oui, nous nous reverrons.

Patrick Decléty, diacre.