9 avril 2017 – Dimanche des Rameaux et de la Passion

Que ma bouche chante ta louange

Les rameaux sont connus de tous, brûlés pour le mercredi des Cendres, bénis pour fêter l’entrée de Jésus à Jérusalem. Ils ornent les croix de nos maisons, tout au long de l’année. Cette petite branche rappelle le geste des habitants de Jérusalem, des enfants en particulier, soucieux d’acclamer Jésus comme roi de paix. Plutôt que du fer et du bronze, plutôt que des chars et des chevaux, le choix est celui de simples feuillages et d’un petit âne. Rien de bien fort à l’extérieur, rien de tranchant au-dehors, mais le calme et la douceur, la modestie et l’humilité d’un monde que le Christ inaugure par sa passion. Là où les hommes échangent des coups, là où ils provoquent des blessures, le Christ apporte l’apaisement et la guérison.

En entrant à Jérusalem à la manière de Jésus, en l’acclamant avec des rameaux de buis ou d’olivier, nous adressons au monde un message et un appel : rien ne sert de choisir la force et la violence pour ordonner le monde. Seule la paix établit la paix, seule la douceur ouvre des chemins de vie. Le combat est certes difficile : des légions d’anges ne pouvaient-elles être envoyées à l’encontre de nos adversaires ? Le combat est dur : celui qui lève l’épée périra par l’épée ! La semaine de la Passion est bien une semaine de combat, d’un combat tout intérieur où la volonté de puissance trouve une porte de salut. Cette semaine appelle en effet chaque conscience à vivre un renoncement radical, celui de l’usage de la violence. Que la grâce nous y aide pour connaître la joie d’une maitrise de soi qui est celle de la paix.

Cette semaine est dès lors d’une espérance inouïe. Elle inaugure un régime de grâce et de paix. Dans le cœur des enfants, monte une louange, arme redoutable contre les puissants, magnificat inébranlable contre le cri des violents. Que nos rameaux nous aident, par la douce force des arbres, à devenir de vrais artisans de paix.

Alexis Leproux, curé